La peur de demain

Je suis quelqu’un de profondément optimiste. Un bisounours sous acide qu’ils disent.

Pourtant, depuis plusieurs années j’ai peur.

Tous les jours.

Sans discontinuer.

On ne la voit pas, et pourtant, elle est là, tapie dans l’ombre, au creux de mon estomac.

Elle ne me lâche jamais.

Même quand je rie.

Elle est tentaculaire et se nourrit de toutes ces informations que j’ingurgite.

Ces informations qui me répètent en boucle que le monde se détruit.

Ce monde où l’on oublie que l’autre est notre égal, sans distinction de sexe, de couleur ou de religion.

J’ai peur pour notre société, où l’on envie les petits avantages de nos voisins en oubliant que les personnes les plus riches s’accaparent la majorité des richesses.

Où petit à petit, l’on casse les services publiques qui faisaient, jadis, notre fierté.

Bientôt nous devrons payer pour l’éducation, la santé, la retraite.
Mais cette peur sociale est talonnée de près par une autre, plus sournoise, plus silencieuse.

Une peur dont on parle moins et pour laquelle nous avons peine à agir.

Et si notre société s’effondrait demain?

Si l’approvisionnement de pétrole s’arrêtait ?

Si l’eau venait à manquer ?

Si la terre se réchauffait au point qu’il soit impossible pour les populations du sud de survivre ?

Qu’adviendrait-il de notre monde ?

Cette peur là, je l’ai vissée au corps.

Elle ne me lâche pas.

M’empêche de construire des projets à long terme.

À quoi bon si demain n’existe pas ?

Alors j’ai cet instinct qui monte du tréfonds de mes entrailles. Un instinct de survie.

Il faut que je protège mes enfants !
Je dois faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que cela change.

Ça commence par moi.

Par mon bulletin dans l’urne, par mes achats, par la façon dont je m’occupe des autres et dont j’éduque mes enfants.

Et putain, que c’est dur de résister, de désapprendre et de changer…

Tous les jours.

One thought on “La peur de demain

  1. Comme je te comprends ! J’ai moi aussi cette peur ancrée tout au fond de moi, et bien souvent le sentiment qu’il est déjà trop tard… J’espère juste que mes filles connaîtrons un monde apaisé, j’espère que la prise de conscience massive soit encore possible, il faut y croire parce que sinon la bataille sera perdue d’avance.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *