mon image et moi sur internet

Depuis quelque temps, je me lâche pas mal sur internet. Sur Instagram surtout. Moi qui ai souvent eu peur du regard des autres, j’ose enfin me montrer.

Paradoxalement ça me fait me poser tout un tas de question sur moi, internet, mon image et celle que je renvoie aux autres.

Comme beaucoup de filles, de femmes, j’ai toujours eu du mal avec mon image ; ou du moins celle que je me fais de moi et celle que je pense renvoyer aux autres.

Au fond je ne me suis jamais beaucoup aimé.

Me trouvant toujours trop ceci et pas assez cela. Pensant curieusement, que, si les autres m’aimaient s’était par accident, ou parce qu’il faut bien quelqu’un de « bof » dans un groupe pour l’équilibrer.

Bref, je ne me suis jamais senti à la hauteur face « aux autres ».

J’ai pourtant eu une enfance heureuse. C’est sûrement d’ailleurs pour ça que j’ai si mal vécu mon adolescence.

Moi la gamine, à peine sortie de l’enfance, jouant encore aux playmobils, je n’étais pas prête à affronter le douloureux passage du collège. Dire que j’ai morflé est un euphémisme.  Aujourd’hui on appellerait ça du harcèlement scolaire, à l’époque on ne disait rien. Sûrement parce que je ne disais rien non plus.

Encore aujourd’hui il m’est difficile d’en parler.

J’étais « la sorcière », « la lépreuse », « la moche ». Celle qui mange seule à la cantine. Celle qui s’enferme pour pleurer dans les toilettes en attendant que la récréation passe.

Autant te dire que ce genre de trucs, ça a tendance à bien égratigner l’estime de soi. Il y a eu le poids des mots, bien sûr. Mais plus que tout, il y a la sensation de ne rien pouvoir y faire. D’être nulle.

Il m’a fallut du temps pour me construire (peut-être me re-construire même).

Dix-huit ans que j’essaye de me convaincre que je suis quelqu’un. Que je vaux quelque chose. Que je cherche l’approbation des autres comme une validation.

Mais petit à petit, je sens que je suis plus apaisée avec moi même.

Ça a commencé avec la naissance de ma première fille… Et puis… Il y a eu le blog et Instagram.

Au début je ne me montrais pas. J’avais peur d’être ridicule. Que l’on se moque de moi. Que ma famille me prenne encore plus pour la folle de service. Et puis, petit à petit, encouragée par les commentaires (plus adorables les uns que les autres) j’ai commencé à me montrer. D’abord c’était très travaillé, pas très naturel. Et puis, récemment, j’ai commencé à parler face caméra, à danser, à chanter…

… Et à me foutre (un peu, faut pas déconner non plus!) du regard des autres.

Pour la première fois j’ai eu envie de dire : « qui m’aime me suive et les autres tant pis pour eux, ils ne savent pas ce qu’ils perdent ».

Et pourtant, la gestion de son image, surtout sur internet, c’est hyper compliqué.

Qu’est-ce qui est fait pour chercher l’approbation des autres? Qu’est-ce qui est fait juste pour soi? Quel part de l’envie de partager aux autres (connus et inconnus)? Quelle part pour se partager à soi-même ?

Franchement, je me questionne à chaque fois que je poste quelque chose. Pourquoi est-ce que je fais ça?

Est-ce parce que je cherche à épater les autres? En mode « regarde ma vie est trop cool! »

Est-ce que je cherche la confirmation de mes choix à travers le prisme des autres? « #SiTuAimesMetsUnPouce! »

Ou si c’est juste parce que j’aime profiter de cet espace d’échange? Et, si ça me fait du bien au passage c’est tout bénéf’.

Je ne dis pas que je suis complètement apaisée. Que je m’accepte telle que je suis. Encore moins que je suis tout à fait au clair avec ce que je cherche sur internet.

Mais, on pourrait mettre sur mon bulletin intérieur  » Mathilde a fait de nets progrès ce semestre, il faut continuer dans ce sens » 

Ah !… Et surtout n’oublions jamais qu’internet ce n’est pas la vraie vie mais juste une portion choisie (et un peu fantasmé) de ce l’on veut montrer de soi-même. 

22 thoughts on “mon image et moi sur internet

  1. C’est super drôle parce que moi j’ai tjs trouve que tu étais une super amie et une fille super. Pas influencée par les copains du collègue comme on n’était pas dans le même 😉
    Y a pas à dire hein si on garde tjs contact et que l’on a tjs autant de plaisir à te voir c’est que tu es une fille sympa, drôle, de mon point de vue en tout cas qui s’assume dans sa différence (légèrement artiste je dirais). Bref ne change pas trop, je t’aime comme ça !!!

    1. C’est drôle c’est toujours ce que moi j’ai pensé de toi. Le côté artiste en moins… Quoique quand je vois ce que tu fais en couture…

  2. Très bel article… qui fait pas mal écho chez moi à ce que j’ai vécu au collège. J’ai toujours détesté le fait de classer ses amis, et surtout, de le dire. Toute la période du collège, j’étais la deuxième, la troisième, voire la quatrième meilleure amie.
    Bravo pour le chemin que tu as fait… Moi, je viens d’ouvrir mon blog et je blogue de façon anonyme, personne ne le sait dans ma famille (à part une de mes nièces mais j’ai refusé de lui donner le nom du blog…) et mes amis.

    1. C’est ce que je comptais faire… Et puis j’ai été trahie par Facebook… Et depuis toute la famille le sait (ou presque)…

      Le collège est une sale période où les enfants se moque des autres pour cacher leurs propres faiblesses… Il faut être armée.

  3. Ben oui t’es super jolie !
    Je suis une ex-grande timide alors je te comprends un peu. Je n’ai pas vécu de harcèlement scolaire mais un très grand déficit de la confiance en moi, que j’ai retrouvée désormais. Heureusement, même si les années collège marquent, elles ne définissent pas une femme ! Nous avons, toujours, la vie devant nous pour évoluer à tout âge 🙂

  4. C’est effectivement un questionnement sans fin, cet équilibre entre ce qu’on veut garder privé, et cette portion d’ego qu’on veut aussi mettre en avant. IL m’a fallu le cheminement de ma vie pour prendre aussi confiance en moi que je ne l’ai aujourd’hui, il m’a fallu l’amour des miens, de mes amis, de mon mari surtout, et l’amour de ma vie telle qu’elle est, pour me foutre (un peu!) de ce que les gens pensent de moi. Mais comme toi, je crois que le blog et IG m’aident à consolider cette confiance en moi, au final qu’on aime ou pas je m’en fous, mais ça m’aide à accepter l’image que je dégage, à avoir l’impression de la contrôler un peu, aussi, et voir que les commentaires me sont souvent si bienveillants m’aide au quotidien. Ca me permet aussi de laisser libre court à ma créativité, ce que le quotidien justement ne me permet pas. Au final, même les remarques désobligeantes qu’on peut me faire sur le net m’aident, car avec le recul je me rend justement compte à quel point elles sont superficielles. Pour clore ce long commentaire, laisses moi te dire sans flagornerie aucune, et en toute sincérité, que je trouve que tu es une belle personne sous toutes les formes : tu es très jolie, solaire, drôle, que ce soit sur ton image « en ligne » comme celle que tu as dégagé lors de notre rencontre IRL. (et ne rougis pas, je te vois ;o)!)

    1. Oui. C’est sans fin, tout comme l’acceptation de soi.
      C’est vraiment gentil et sache que moi aussi je t’ai trouvé lumineuse et même que je me suis sentie toute petite à côté (et pas que physiquement ^^) bises

  5. Je pense que nous sommes beaucoup à être passées par la case harcèlement scolaire et que ça nous a fort détruits, mais nous sommes là, aujourd’hui, et je suis pour: « on s’en fout du regard des autres ». C’est de nous mêmes qu’on doit être les meilleures amies parce que c’est avec nous et notre peau qu’on va devoir vivre jusqu’à la fin. 🙂

  6. On diabolise beaucoup internet et les réseaux sociaux, mais ça permet aussi d’aller d’en une démarche d’acceptation, d’avoir une autre ouverture au monde et de tenter des trucs qu’on ne se permettrait pas dans le vie. Donc c’est vraiment chouette que tu t’épanouisses 🙂
    (C’est marrant,c’est un peu paradoxal de souffrir à l’école et de faire prof)

    1. Oui, c’est un peu paradoxal, mais je suis prof au lycée (et j’ai adoré le lycée! D’autant que pour faire l’option Art plastique j’étais partie loin de mon collège^^)… Et pour rien au monde je n’enseignerai au collège.

  7. Merci pour cet article qui m’a émue aux larmes. À cause de ton vécu, pour ce que tu partages, pour les vérités que tu avances, merci pour cette sincérité déposée. Pour ma part, j’ai commencé à te suivre un peu comme ça. Ton univers ne me passionnant pas tant au début. Depuis que tu te lâches, que tu partages des choses drôles, folles, vraies, impactantes, j’aime vraiment te suivre, je me retrouve en toi, j’attends avec impatience des stories reallifemyass, bref, tu m’as rendu fan en t’emancipant !

    1. C’est vrai que dans la vie, et cachée derrière mon clavier, je suis quelqu’un d’enjoué et de plutôt drôle (sans vouloir me la raconter). Mais sur instagram, je me sentais figée par la peur de me taper la honte… Va savoir pourquoi. Et aujourd’hui encore je me bride pas mal, mais je me soigne…^^ Et, promis les #reallifemyass vont revenir!^^

  8. Même si on s’est malheureusement loupé, et que je ne peux donc juger que virtuellement, à mes yeux tu es quelqu’un d’intéressant et drôle et moi je te trouve très belle (ma poule). Voilà, ça c’était pour la partie flatterie – mais sincère, vraiment – !
    Ensuite, ton témoignage sur le harcèlement scolaire me touche beaucoup. Je trouve qu’il n’y a rien de pire pour un enfant (car oui pour moi, au collège, on est encore enfant). Je n’ai pas bien vécu non plus cette période. C’était la jungle, je n’étais pas à l’aise dans mon collège. Il y avait quelques caïds (les pires étaient des filles d’ailleurs) dont j’étais parfois victime mais au moins je n’étais pas la seule. J’ai eu la chance de changer d’établissement au Lycée et de vivre des années bien plus fastes notamment pendant mes études ! En tout cas la question de sa propre image est complexe, je pense que la confiance s’acquiert tout au long de la vie, de par nos expériences. Il y a bien quelques jeunettes qui semblent avoir une confiance en elle mode béton armée, mais je me dis souvent que ce n’est qu’un façade ! Bref, ton questionnement est tout à fait légitime, je me le pose aussi régulièrement, et tu vois, je n’ai pas encore sauté le pas de mettre ma tête. En tout cas ton article me fait avancer dans mes réflexions et je me dis maintenant, un jour peut être !

    1. Et oui, dans la vraie vie tu aurais surement vu mes cernes, mes rides et mon double menton. Mais je prend le compliment et je me le garde bien au chaud pour les jours de pluie. Et sinon, moi je te signale que je t’ai vu (si siii! en stories!) et que tu n’as pas à rougir de te montrer car tu es très jolie!
      Sinon. Le collège… Bah c’est un sale moment à passer. Pour moi ça a duré 2 ans (non pas que j’ai sauté 2 classe, hein?! mais après les choses se sont apaisées) et au final, bizarrement, je ne le regrette pas. C’est peut être ce qui a fait de moi ce que je suis. Et j’en suis fière (la plupart du temps^^)

  9. Les enfants sont méchants entre eux et ne mâchent pas leurs mots sans connaitre forcément l’incidence que cela peut avoir sur une personne.
    En tout cas, je suis ravie de voir que tu t’affirmes et que tu t’acceptes telle que tu es ! D’abord parce que je te trouve très chou & ensuite parce qu’il faut s’aimer soi !

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