Jongler avec le temps

En ce moment je bosse beaucoup (et oui, je suis prof et je travaille… Si si!). Du coup le soir, quand je retrouve mes pépettes avec une grosse journée dans les pattes, je rêve de poser mon cul sur le canapé avec un verre de Chardonnay. Enchaîner direct avec le combo infernal cuisine/repas/coucher est loin, très loin d’être un kiffe absolu.

Alors j’avoue, oui, avoir un peu de mal à être un modèle de patience et de douceur.

J’essaye, bien sûr. Je fais de mon mieux, toujours.

J’aimerais que nos soirées soient peuplés de rires et de douceur, plutôt que de « fais attention! Tu en mets partout! », « mange tes légumes! », « dépêche-toi », « lave-toi les dents », « pour la millième fois mets ton pyjama! ».

Mais rien y fait.

Nous sommes pris dans le cercle infernal du quotidien. Celui qui dévore le temps. Qui te fait oublier d’être là, tout simplement. Heureux d’être ensemble.

Souvent je me demande ce que mes filles retiendront de leur enfance.

Se souviendront-elles de la mère douce et attentive que je voudrais être ou de celle, toujours pressée, toujours occupée, qui s’emploie à faire mille chose en même temps plutôt que d’être juste présente avec elles?

Se remémoreront-elles les histoires racontées au creux du lit ou les mots hurlés à l’autre bout de la maison pour que vite viiite, elles se dépêchent?

Retiendront-elles les moments passés à jouer ensemble ou les innombrables heures où je les délègue à la garderie?

Je ne veux pas être cette mère là. Et pourtant, si je suis complètement honnête avec moi-même, je sais ce que je suis :

Une femme qui tente de vivre 3 vies en 24 heures.

  • Une vie de femme
  • Une vie de prof
  • Une vie de mère

Et, même en y allant au forceps, force est de constater qu’au lieu de tout faire, je ne suis jamais complètement à ce que je fais.

Corriger des copies tout en faisant à manger et en regardant une série, c’est trop. En tout cas, ça l’est pour moi… Je te laisse deviner ce qui a brûlé.

J’aimerai changer. Me coucher tôt. Ne pas me surcharger de projet. Arriver à dire non. Mais je ne sais pas. Je fonctionne comme ça depuis si longtemps. J’ai l’impression que rationaliser chaque minute au maximum fait parti de mon ADN.

Mais, à trop jongler avec le temps, ne finit-on pas par passer à côté de sa vie?

Je vous laisse méditer là-dessus, et je vais aller nettoyer les miettes qui jonchent le clavier… C’est pas gagner cette affaire…

19 thoughts on “Jongler avec le temps

  1. Ah là là comme je te comprends, j’ai eu ce sentiment là quand mon deuxième était petit et c’est épuisant d’avoit l’impression de ne jamais être satisfaite de ses 3 vies. Je te souhaite du fond du cœur de trouver un meilleur équilibre ! <3

  2. « J’aimerai changer. Me coucher tôt. Ne pas me surcharger de projet. Arriver à dire non. » Et ça ne tient qu’à toi. c’est pas facile parce que tu le fais depuis longtemps ? sans doute oui. mais réaliser qu’on ne peut pas tout faire en même temps, ça peut être salvateur. remettre de l’ordre dans les priorités. savoir ce qui nous importe le plus. ce qui est utile pour vivre chaque jour.
    personne d’autre que toi ne pourra faire ce travail sur toi. Je ne dis pas que c’est facile hein, mais pour être mieux, pour savoir ce qu’on garde et ce qu’on enlève ( car oui, tu peux enlever des choses) ça demande de se poser et d’y réfléchir, et de mettre en action, pour voir si ça marche.
    mais avant tout ça, la première question est : est ce que ça te pose problème ? ( ça a l’air en tout cas, mais pose toi vraiment la question)
    bon . j’ai pris un peu ma casquette pro, j’espère que tu ne m’en voudras pas copine, j’ai pas pu m’empêcher…

  3. Mon Mégamoy me dit parfois que je mets trop de pression… euh ok, mais en attendant, il faut bien que la maison soit à peu près rangée, que les enfants mangent (si possible à peu près équilibré), que les devoirs soient (à peu près) bien faits, et accessoirement que je fasse mon boulot (à peu près) correctement…
    Bref, moi aussi j’ai l’impression d’être tout le temps pressée, et trop souvent incomprise…

  4. Aïe, je compatis…
    Pour ce qui est de se coucher tôt et autres voeux pieux, je ne sais plus si tu fait un BuJo aussi, mais moi, je me le suis mis dans mon trackers d’objectifs quotidiens, je mets plus que les 3 semaines annoncés pour prendre une bonne habitude (moi, je vise plutôt un nouvel objectif tout les 3 mois), mais ça me sert de repère et petit à petit, je me suis rapprochée de mon objectif
    J’espère que tu trouveras votre équilibre familiale

  5. Je te comprends bien, j’ai eu cette vie et ce stress jusqu’à la naissance de ma troisième. Cette frustration et cette culpabilité d’avoir le sentiment de ne tout faire qu’à moitié, de délaisser mes amis parce que je ne pouvais pas les caser dans mon emploi du temps.
    Et puis ma troisième est née. Malheureusement, elle a des problèmes de santé et j’ai dû modifier entièrement mon emploi du temps pour intégrer ses nombreux rv médicaux et prendre soin de mes deux grands pas si grands qui étaient très inquiets. Mon mari a changé d’emploi pour être disponible.
    Je travaille à 30% désormais, nous faisons des économies sur nos dépenses et les vacances mais quel soulagement !
    Alors oui, professionnellement, ce n’est pas l’idéal mais dans l’ordre des priorités, le travail n’est pas en premier.
    On verra dans 2-3 ans où nous en sommes.
    Je pense que tes filles retiendront que tu faisais de ton mieux.
    Bon courage !

  6. Je crois qu’on en est toutes là et que clairement, nos enfants ne se rappelleront pas de ces petits couacs du quotidien, mais garderont les bons moments. Parce qu’il faut leur faire confiance, et qu’ils savent bien que derrière les couacs ce n’est pas maman qui agit, mais son emploi du temps… Pas de culpabilité, tu fais au mieux et c’est bien ça la meilleure leçon, pas d’être parfaite!

  7. J’ai souvent les mêmes sentiments qui m’envahissent. J’espère qu’un jour je trouverai l’organisation, la maîtrise de soi, la disponibilité intellectuelle… pour être la super maman dont je veux qu’elle se souvienne!

  8. Tes filles se souviendront que tu étais présente le soir et que vous mangiez ensemble ! Moi aussi j’ai l’impression de vivre plusieurs vie… mais quand je dois vraiment trouver du temps pour un truc urgent (deadline pour un article à rédiger, ppt à finir etc.) j’en trouve (de 22h à 24h en général, maxi 5j/7)… donc je me dis qu’en théorie je devrais aussi pouvoir trouver du temps pour autre chose (jouer avec les enfants, faire du sport…) mais ça ne marche pas ! Le seul truc que j’arrive à faire quand je commence à être au bout du rouleau c’est me coucher tôt (22h30 hein) 3-4 soirs de suite ce qui permet de repartir dans ce rythme de folie ! Bon courage, le bon côté c’est qu’on ne s’ennuie pas !

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