C’est ça aussi la FIV #6

Coucou l’internet!

Aujourd’hui c’est Caroline qui a bien voulu partager son vécu FIVesque avec nous. Encore merci à elle pour ce beau témoignage.

Quel est ton parcours ? (Comment t’es tu rendue compte de ton (votre) infertilité ? Quelles en sont les raisons ? Quelles ont été tes « démarches PMAesques » ? etc.)

J’ai eu mes règles jeune, mais elles étaient très irrégulières et très douloureuses (je manquais souvent l’école car j’étais pliée en deux…) et puis j’ai pris du poids, beaucoup de poids … Je faisais des régimes, et reprenais le double dès que j’arrêtais, une adolescence compliquée, heureusement bien entourée.

Et puis je n’en peux plus de ce corps qui me rend mal à l’aise, je vois enfin un gynécologue qui comprend de suite : échographie et le verdict tombe : syndrome des ovaires polykistiques, OPK de son petit nom.

Bref, je suis mise sous pilule, mes règles reviennent, mes douleurs disparaissent et je fais un régime et  perds 25 kg, le bonheur ! Je porte des robes, des shorts, j’ai 20 ans !

A 23 ans je rencontre celui qui sera mon mari, notre désir d’enfant est très grand, mais dès l’arrêt de la pilule mes règles disparaissent et les tests de grossesse sont négatifs.

Nous consultons un gynécho qui me confirme mon syndrome OPK et qui fait faire un spermogramme à Monsieur. Ses résultats tombent : spermatozoïdes peu vaillants.

Nous cumulons les problèmes, pas simple !

Nous attaquons le parcours des PMA, pour nous ce sera une IXCI, pas la peine de faire autre chose. Les piqures, les écho, les prises de sang… J’essaie d’y croire en pensant que cela ne marchera jamais, que cela ne marche que chez les autres. Le gynéco qui nous suit à une super réputation mais il est proche de zéro sur le coté humain, il me parle technique comme si j’avais fait ça toute ma vie, me balance les ordonnances sur la table en me disant « voilà le parcours à suivre ! »

Lors des premières piqures je commence à faire une hyperstimulation, on arrête tout ! J’ai mal, je pleure, je ne comprends pas…

On recommence, mon corps réagit vite, trop vite, l’hyperstimulation me guette, on arrive à la ponction des follicules : 20 : c’est énorme ! Pour avoir au final 4 embryons viables ! Impossible de faire le transfert tout de suite, on m’hospitalise 3 jours, mon corps se remplit d’eau… Les embryons sont congelés par tube de deux. Dur, nous sommes en juillet dans le sud de la France, il fait une chaleur d’enfer… Je perds tout espoir, Monsieur n’y croit pas.

On laisse mon corps se reposer et nous ferons le TEC plus tard.

Trois mois après, je reprends les traitements pour accueillir deux embryons, le jour du transfert on nous apprend que les deux paillettes ont été « décongelées », les embryons du premier tube n’ont pas survécu, c’est donc notre seule chance. Et ce sera un échec.

J’ai retenté une ponction ovarienne dans l’année qui a suivi, encore une hyperstimulation, cette fois ci nous n’aurons aucun embryon viable. C’est terrible ! Tout ça pour rien…. J’ai du mal à m’en remettre.

Pour de multiples raisons, nous divorçons.

Quelques années après je rencontre mon Chéri, nous parlons enfants, il y croit, moi pas du tout.

Nous consultons.

Nous reprenons les traitements, mon chéri me fait les piqûres, il m’épaule, il y croit vraiment, je me laisse porter et aborde la chose différemment, mais mon corps se rappelle de tout et recommence : à nouveau une hyperstimulation, mais nous avons des embryons ! On congèle deux tubes : deux embryons dans le premier, trois dans le second. Nous partons en vacances, nous déménageons, et puis le jour du transfert arrive et les embryons ont survécu. On m’implante deux embryons .

Notre fille pointera le bout de son nez neuf mois après !

Puis deux et demi après, nous nous souhaitons un second enfant, il nous reste trois embryons, nous reprenons les traitements pour le TEC. Le jour du transfert, nous apprenons qu’un seul embryon a survécu. Dur ! Mais le médecin me dit : un seul suffit !

Et neuf mois après naissait notre seconde fille !

Deux filles issues de la même ponction ! Le bonheur !

L’histoire aurait pu s’arrêter là, deux enfants après un tel parcours, nous savourons notre chance et notre bonheur.

Après de tels traitements, la question de la contraception me faisait rire… Moi, qui ovule quand mon corps y pense. Quand la pilule me donne des migraines, je l’arrête ! Mes cycles reviennent deux fois, et puis plus rien. Rien de grave, c’est mon mode de fonctionnement. Je commence à vomir, je prends rendez-vous avec le médecin, je prévois de faire un test de grossesse avant, pour lui prouver que je ne suis pas enceinte : ne pas avoir de règles pendant deux mois, chez moi c’est courant !

Et là LE CHOC, le test est tout de suite positif !

Je me dis qu’il n’a pas fonctionné, la prise de sang le confirmera… Notre troisième fille a deux mois et demi !!

En y réfléchissant j’avais tous les symptômes : nausées, écœurement, le vin avait un gout de vinaigre… mais mon cerveau était conditionné : sans FIV pas de bébé….

Quelle a été ton ressenti au cours de ce parcours PMA ?

Le doute, la peur de l’échec, l’incompréhension, l’injustice, les femmes enceintes qui étaient partout autour de moi… tout se mélangeait dans ma tête ! Quand on m’annonçait une grossesse je n’arrivais pas à être heureuse pour le couple et je m’en voulais, je me rappelle avoir passé la nuit en pleurs en apprenant que ma belle-sœur était enceinte.

J’ai ressenti aussi beaucoup de colère envers toutes les personnes soi-disant bien-pensante qui me répétaient que le problème était dans ma tête ! Que j’avais un blocage psychologique… ce qui m’a été amplement répété à l’annonce de la troisième grossesse spontanée : « ton blocage a sauté ! »

Facile … mais quel blocage ? comment a-t-il sauté ? La nature a ses mystères …

Qu’est ce qui t’as le plus « gêné » ?

Je suis pudique, enfin je l’étais… les échos, les examens en tout genre ne sont pas agréables, je garde un souvenir atroce de l’hystérographie. Mais le désir d’enfant était trop important, je faisais ce qu’il fallait faire. Je me rappelle la tête de mon Chéri quand on lui a demandé de faire un spermogramme… avec tout ce que je subissais, je ne comprenais pas trop le problème de s’enfermer dans une cabine pour faire un recueil !

Qu’est ce que tu aurais aimé avoir (ou savoir) durant ce parcours ?

Je crois que j’ai eu tout ce dont j’avais besoin, un chéri présent et qui y croyait à fond (voire pour deux). Il me boostait en me disant de me faire confiance.

Parce qu’il faut le dire, je n’écoutais personne, je ne pensais que ça ne marchait que chez les autres.

En as-tu parlé autour de toi, pourquoi ?

Oui, j’en ai toujours parlé (Famille, amis), c’était un moyen d’éviter la question fatidique : « Alors vous nous faites un bébé quand ? » (A une époque je pleurais quand on me posait la question). Ce n’est pas une maladie honteuse ! Et puis en parlant on se rend compte que beaucoup de couples sont dans cette situation. On croise toujours des gens connus au centre de PMA.

Mais paradoxalement, j’avais beaucoup de mal à en parler au boulot, à mes patrons et mes collègues. Pourtant, il me semblait difficile de suivre un traitement PMA sans prévenir mes patrons ! J’essayais toujours d’avoir les premiers rendez-vous le matin, mais parfois j’arrivai en retard. A refaire je ne dirai rien ! Je travaillais à l’époque dans une boite où le rendement demandé était important, l’annonce de mon traitement, les retards et les absences liées à l’hyperstimulation ont détérioré mes relations professionnelles. Quant aux collègues qui vous mitraillent de questions sur vos retards et qui scrutent vos courbes … Après, je comprends très bien qu’un patron n’accueille pas avec joie ce genre de choses. Il est souvent très optimiste et pense immédiatement à la grossesse future !

Comment as-tu vécu ce parcours et quelles en ont été les « séquelles » (positives ou négatives) sur ton couple ?

L’intimité du couple est mise à mal. Pour ma part, le coté spontané des câlins a été englouti par la machine PMA… les tests, les écho, les piqures, les hormones… pas trop romantique … j’en ai perdu le plaisir que je retrouve peu à peu. On ne sort pas indemne d’un tel parcours.

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu aux futures PMettes ?

Blindez-vous et foncez !

Parce qu’on va vous dire qu’il ne faut pas trop y penser : tellement facile quand on a des piqûres quotidiennes, nos hormones à bloc, et des échographies tous les deux jours….

Et n’oubliez pas de prendre soin de vous !

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Si toi aussi tu es passée par la case PMA et que tu en es ressortie victorieuse (d’une manière ou d’une autre. Parce qu’il n’est pas nécessaire de porter un enfant pour être parent, ne l’oublions pas!) écris-moi à :

moipaspoule@gmail.com

Bises à toutes les mères, les non-mères, les mères en devenir, les belles-mères, les « naturelles » et les « PMAtisées »… et bises aux pères aussi, tient! (si par hasard un mâle passait par là^^).

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