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Vie ma vie de prof #5

Coucou mon petit internet adoré!

Aujourd’hui je fais un grand écart bloguesque (après un article sur le maquillage bio, c’est par ici si tu ne l’as pas lu), et je reviens avec un petit « vie ma vie de prof » consacré aux « perles » des mots d’absences.

Comme tu le sais peut être j’ai été prof dans le Nooord, à Tourcoing city, et je peux te dire que là-bas les assistants d’éducation (les pions quoi) bah ils ne s’ennuyaient pas.

Petit florilège :

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Tu m’diras les problèmes sont rarement propres, non?

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C’est genre très en retard. En « tard » puissance deux quoi. Rien à voir avec le tartare, ok?!

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Oui parce que les retards peuvent avoir des couleurs, ça dépend de leurs gravités. Gris ça passe, c’est un peu moins fort que le retard noir, tu vois?

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Tu m’étonnes! t’étais troop O-bli-gée de rater le cours pour aller voir David Guetta! Nan mais… Best Diji ever!

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Moa javous ke jai male a mon baicherelle… sa m’e file dé mals de vendre osi.

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Ah… Et comme va-t-elle maintenant?

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?? Mâle au true, Mâle à droit, Mâle attentionné, Mâle ici eux… C’est toujours une histoire de mâle.

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Le Rhin va bien.

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Bah oui c’est sûr c’est pas de ta faute… On y comprends vraiment rien nous autre, les profs… Tu es en retard parce que tu te cultures… Et ça c’est bien!

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ja bite, tu as bite, il na bite… C’est toujours une histoire de bite?

Bon sûr ce, j’espère que cela t’as bien fait rire. Je reviens bientôt

Des bécos et à bientôt!

Vie ma vie de prof #4

Salut l’internet!

Aujourd’hui je reviens avec deux mignonnes petites perles d’élèves pour ce « vie ma vie de prof » quatrième édition.

Sais-tu que quand j’ai commencé le chouette métier de prof j’étais dans un lycée du Nooord. J’imagine que tu es au courant qu’à côté des « hauts de France » (comme c’est chic!) se trouve la Belgique… Si si, j’ai fais géographie en LV2!

Bref, un jour que j’étais en TP avec une classe une élève m’interpelle :

« Madaââme! Pour le visage du mannequin je peux lui mettre la couleur belge? »

« La quoi?! »

« Bah la couleur belge! c’est genre rose et belge quoi! »

« Ahhh Beige! »

« Bah non B.E.L.G.E, m’dame! Comme la couleur quoi! »

Donc voilà. Ce jour là j’ai appris que nos amis les belges n’avaient pas tout à fait la même couleur de peu que nous autres… CQFD!

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Allez… T’en veux encore?

Il y a quelque temps j’ai assisté à la soutenance d’une élève de service sur son dossier pro. Elle avait choisi un sujet cher à son cœur :  la bière! Youpi! (moi j’aime la bièrrrre!)

La voilà donc qui tente de nous expliquer ce que c’est que la bière… En découvrant lisant son texte piqué sur Wikipédia auquel elle ne semble piper mot.

Vient le moment fatidique des questions :

« Et donc.. Peux-tu nous expliquer la différence entre une bière blonde et une bière brune? » Demande la professeure de service.

« Bah… La bière blonde c’est fait avec du Houblon et la bière brune…. euh… Avec du Houbrun! »

 

Bah oui forcément! C’est logique!

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Voilà! J’espère que ses jolies coquetteries de langages vous ont plu… Car je reviens bientôt avec d’autres perlounettes d’élèves.

Bécos!

Vie ma vie de prof #3

Salut l’internet!

Aujourd’hui on va continuer sur notre lancée grivoise avec une perle que j’ai empruntée à ma co-parenteuse ( Spéciale kassdédi Laëtitia, ce post est pour toi!).

Aujourd’hui on va parler sexe et gravité.

Figurez-vous que, dans un lycée, il y a des ados, des hormones etc. Je ne vous apprends rien (on en a déjà parlé ici). Donc il arrive parfois que certains élèves s’adonnent à des « touche-pipi » poussés (histoire de découvrir le corps de l’autre, tu comprends?).

C’est donc en plein milieu d’une « découverte » de ce type dans les toilettes des filles que ma cop’ Laëtitia a débarqué un jour.

Soucieuse de l’avenir de la jeune fille elle s’enquière de sa protection (eut égare aux spermatozoïdes, aux bébés toussa, toussa).

« Pas besoin, j’prends mes précautions moi… J’fais toujours l’amour debout, du coup ça retombe » lui répond-elle.

Bah oui! Mais c’est bien sûr! Merci Newton!

On ne peux pas lutter avec la gravité…

vie ma vie de prof #1

 

Comme tu le sais peut être si tu suis ce blog où si tu as lu la page « à propos » (qui s’appelle en vérité : « Mais qui c’est celle là? ») tu sais que je suis prof… Oui oui, une prof d’Arts appliqués hein.. pas d’Arts plastiques… Rien à voir!

Je bosses donc en lycée pro et j’enseigne (du moins j’essaye) à mes élèves tout ce qui est « création autour de leur futur domaine professionnel ». Traduction : si j’ai des élèves en hôtellerie, Je leur parle, logo, image de marque, stylisme (vêtement de travail), déco et architecture de resto, arts de la table, design culinaire etc. etc… Tu vois?

Je n’ai pas toujours travaillé chez ce cher « éducation nationale ». Avant je bossais dans le dessin animé et le jeu vidéo… Grand écart professionnel. Tadaaaa! Et ouiii… Mais j’aime mon travail. C’est vivant, changeant, challengeant, etc. Je me sens libre et j’aime ça. Libre de mon organisation, de mon temps, de la façon dont je vais faire passer mon enseignement etc.

Attention! Je ne dis pas que c’est un métier idéal. Loin de là. Je peste contre les lenteurs administratives, le manque de moyen, le matériel pourri, et contre le comportement de certains élèves et de certains parents. Mais dans l’ensemble je suis satisfaite de ce que j’ai.

Donc voilà… j’en arrive enfin au pourquoi de ce post. Il m’est arrivé, au cours de ma toute petite carrière (c’est une reconversion professionnelle, je te rappelle et en plus je suis super jeune… C’est peut être pour ça que j’aime encore mon boulot d’ailleurs…) d’entendre de jolies perles de la part des élèves et j’ai donc décidé de te les raconter régulièrement.

Alors… Commençons par le commencement. C’était lors de ma première semaine d’enseignement, dans le Nord, près de Lille, dans un lycée « légèrement » défavorisé. Au moment d’entrer en classe j’entends deux élèves style « princesse R’n’B » parler du RedBull que tiens l’une d’elle à la main :

« – Tu bois ça toi? Mais t’as pas peur?

– Peur de quoi? répond l’autre (celle à la canette de RedBull)

– Bah des risques…

– Des risques de quoi?

– Bah de tomber enceinte… Y a du sperme de taureau là dedans, j’te signale! » Lui explique-t-elle avec des regards consternés face à tant d’ignorance.

Et l’autre de jeter immédiatement sa cannette dans la poubelle d’un air dégouté… Je ne pouvais pas laisser passer ça. Et me voilà, toute jeune contractuelle, à peine plus âgée qu’elles, en train d’expliquer à une classe médusée que non, on ne peux pas tomber enceinte en buvant du sperme, et encore moins celui d’un animal, et que, de toute façon il n’y a pas de sperme le RedBull…

Et oui… Aucune chance d’engendrer un minotaure de cette façon… raté!

La suite au prochain numéro… Et je t’assure que tu vas avoir le droit à de l’imagé, du gratiné, du… Pfiouuu… Bref, si tu crois que cette perle-ci est abusée, attends de voir les autres!

Je vais bien ne t’en fais pas

Salut l’internet,

En fait je ne sais pas vraiment comment commencer ce post, mais j’ai besoin de raconter mes états d’âme. De t’écrire comme si je m’écrivais à moi-même. Pour essayer de comprendre. Pour essayer de me comprendre.

Comme tu le sais peut-être je me suis fait opérer il y a quelques jours. Rien de grave. Une petite cœlioscopie/ hystéroscopie comme il y en a des milliers de pratiquées chaque jour partout en France. Tout s’est bien passé. Il ne reste presque rien de ce passage sur le billard. Juste 3 petits points bien ficelés qui cicatrisent comme il faut…

Hier tout semblait aller pour le mieux. Je devais reprendre le travail. J’y étais préparé. Il le fallait.

Et pourtant aujourd’hui je suis allée voir mon médecin pour être « prolongée ». Et pun…naise rien qu’en écrivant ces mots je me sens mal. Je ne devrais pas. J’ai été opérée il y a moins de deux semaines. J’ai encore mal. Je ne me sens pas de rester debout toute la journée devant 30 élèves turbulents. J’ai besoin de plus de temps. Point à la ligne.

Alors pourquoi est-ce que j’ai ce sentiment d’illégitimité ? Pourquoi je me sens coupable ? Et puis de quoi d’ailleurs ? Merde ! Je culpabilise même de culpabiliser. Mais il est où le problème ?! Je suis la première à dire aux autres qu’ils ne doivent pas s’en vouloir de ne pas être toujours au top, d’avoir leurs failles, mais quand il s’agit de moi je change de discours ? Pourquoi ?

Je crois que je subis les relents d’une caricature trop souvent entendue sur les profs (tu saiiis, ses feignants qui profitent du système) et que j’ai fini par faire mienne, malgré moi.

Quand que je me suis reconvertie dans l’enseignement (bah oui, avant je bossais dans le dessin animé = Grand écart professionnel) je me suis jurée, à moi-même que je ne deviendrais jamais ce prof blasé, partisan du moindre effort, enchaînant arrêt maladie, sur arrêt maladie (mais miraculeusement sauvé à la veille des vacances)… Une bien « belle » image, non ? Car oui ce n’est que ça, une image, fictive, qui ne reflète en rien la réalité des personnes que j’ai pu croiser depuis que je travaille dans l’enseignement.

Et pourtant cette image m’a marquée au fer rouge. Qui n’a jamais entendu cette phrase : « ah ouii, mais vous les profs… ». Rayer la mention inutile :

  • Vous êtes toujours en vacances
  • Vous ne travaillez jamais (ouai 18 heurs par semaine… laissez-moi rire !)
  • Vous êtes toujours en grèves
  • Vous vous plaignez tout le temps
  • Vous êtes toujours en arrêt maladie
  • Etc. etc.

Même les gens de mon entourage. Ceux qui me connaissaient avant, qui savent que je ne suis pas come ça, m’ont tenu ces discours. J’ai dû me justifier. Prouver pas A+B que je mérite mon salaire et que je ne tire pas au flanc (loin de là).

Mais voilà. Aujourd’hui la prof a fait renouveler son arrêt maladie.

Alors aujourd’hui la prof elle aimerait crier au monde qu’elle emmerde ceux que ça dérange… Alors qu’au plus profond d’elle-même elle s’en veut de laisser ses élèves, ses cours, ses collègues, ses réunions, ses plannings… Elle s’en veut de ne pas être d’attaque, s’en veut d’être faible, s’en veut de s’en vouloir et d’avoir à écrire ce billet pour se justifier, alors qu’elle n’a pas à le faire.