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Et si on arrêtait de juger

Coucou petit internet!

Aujourd’hui je vais te parler de la pression qu’on exerce sur nous autres, les parents. Vui vui c’est un  fait avéré : on en prends plein la gueule tout le temps et par tout le monde. Famille, ami, vagues connaissances ou totales étrangers, tout le monde a toujours un commentaire « oh combien pertinent » à faire sur la façon dont on tente d’éduquer notre progéniture, genre : « Tu ne devrais pas faire comme-ci tu vas le rendre comme ça » ou encore « il vaudrait mieux que tu fasses comme ça, tu sais. C’est bien mieux. Crois-en ma longue et géniale expérience », et mon préféré de tous : « Ah, tu fais comme ça? Bah chacun fait comme il veut, hein… Je juge pas.. » Bah si tu juges connasse!

Arrrgh! Mais vos gueules! C’est vrai ça, j’vous ai rien demandé! Si j’avais envie de votre expertise croyez-moi je vous l’aurais demandée!

Et si on arrêtait de vouloir faire la leçon aux autres sous prétexte qu’ils font différemment. Et si on échangeait nos points de vues de façon constructive au lieu d’affirmer catégoriquement que nous seuls détenons la vérité.

D’autant que, je ne sais pas si tu l’as remarqué, mais quand tu deviens parents, on te dépossède de toutes tes petites victoires éducatives. Je m’explique :

Mettons nous dans la situation où ton enfant est vraiment relou. Ca arrive. Genre il te fait une grosse colère en plein supermarché parce qu’il veut un truc et que tu as dis non  et qu’il aime pas quand tu lui dis non. Ou alors il avait juste décidé de ruiner ton après-midi courses… Ne minimisons pas ce pouvoir de nuisances gratuites qu’ont les enfants. Bref dans ces cas là tu sens tous les badauds jeter sur toi leur regards réprobateurs. Bah oui. Si ton gosse est comme ça c’est de ta faute. C’est que tu l’éduques mal : CQFD!

Mettons nous maintenant dans la situation où ton enfant est adorable, poli, gentil, souriant, sage. On parle d’un moment donné, hein. Soyons réaliste. Si tu as des enfants sages tout le temps c’est soit que tu les drogues, soit qu’ils sont empaillés.

Bref ce jour là, miracle, ton enfant est au top. Tu peux être sûre que tout le monde va y aller de son petit couplet : « Comme tu as de la chance! qu’est ce qu’il est mignon! » Quoi de la chance?! Mais que Nenni! C’est pas de la chance! C’est le résultat d’un duuur labeur éducatif. Son père et moi en avons chié des ronds de chapeau avant d’en arriver là. Non, mais… Un peu de reconnaissance tout de même! Faut quand même rendre à César ce qui est à lui… Zut!

Ce que je veux dire par ce petit billet (qui n’est déjà plus si petit) c’est que j’en ai assez de me sentir jugée en permanence comme étant au choix : trop laxiste, trop sévère, trop bordélique, trop présente, trop distante, pas assez écolo/bio, trop connectée, etc. Bref. Je ne suis ni pire ni mieux qu’une autre. Je suis moi (Ouaii je sais… J’suis une pu…rée de philosophe!). Ce que je fais me convient, à moi et à ma fille (enfin, la plupart du temps).  Je ne prétends pas que ce soit parfait. Loin de là (si tu as un doute vient donc voir par ici). Si je tiens ce blog c’est d’ailleurs avant tout pour partager ET échanger et pas pour donner une recette miracle que tous devraient suivre à la lettre.

Et il faut bien avouer qu’il m’arrive, moi aussi, de putasser sur les autres (en vrai j’adore ça! Même que, de temps en temps, ça détend^^)

PS: Maman ce billet ne t’est pas destiné… Je te vois déjà fébrile devant ton PC entrain de culpabiliser… Si si j’te vois. Me me mens pas! Je fais ici une remarque générale. Il n’est pas question de toi. Tu peux souffler. <3

 

 

La grosse bêtise…

     L’autre jour Run run little mum nous demandait comment on essayait d’éduquer nos rejetons. J’ai barré « essayer » mais je n’aurais pas dû. Personnellement j’ai l’impression d’être tout le temps en train d’expérimenter, de tenter, de réussir… puis de me ramasser.

     Je n’arrive pas à ne pas me coller à une méthode toute faite. En vrai je les trouve trop extrêmes, trop jusque-boutistes, pas adaptées à toutes les situations et à tous les mioches. Alors je pioche un peu partout. Je picore des trucs chez les uns et les autres. Et au finale je peux dire que j’utilise la méthode « feeling » qui consiste, finalement, à faire comme on le sent… et surtout… à faire ce qu’on peut, comme on peut.

     Bien entendu j’essaye de ne pas me fâcher sur des choses inutiles, d’encourager plutôt que de critiquer, j’essaye d’expliquer plus que de crier… Mais parfois force est de constater que Bébou essaye de voir jusqu’où elle peut aller et que je suis bien obligée de la stopper. Net. Attention, hein, je ne suis pas maltraitante… Non, non n’appelez pas la DASS!

     Mais oui, des fois je crie, je la punie et l’envoie au coin, des fois elle prends une tape(ette) sur la main, et des fois elle n’a pas de dessert et part au lit direct’.

     Je ne sais pas si je suis trop sévère. Honnêtement je ne le pense pas… Je suis juste persuadée que parfois il faut marquer le coup. Pourquoi? Pour son bien, pour que plus tard elle arrive à respecter la loi, les lois, celles qui régissent notre vie en société. Il me semble indispensable qu’elle arrive à tolérer qu’on lui impose des limites, qu’elle soit capable de gérer les petites frustrations du quotidien.

     Peut être que je suis old school mais je vois tellement de gamins qui ont manqué de carde, au travail, que mon regard est peut être biaisé… Je ne sais pas. C’est difficile de savoir se positionner en tant que parent. Y a pas de mode d’emploi universel.

     Parfois je trouve qu’on se débrouille bien Chéri-chéri et moi, Bébou est plutôt bien dans ses baskets, obéissante mais pas asservie, éveillée, intelligente et joyeuse… Mais parfois je doute, je me questionne, j’imagine le pire…

     Surtout depuis lorsqu’elle a fait sa GROSSE BÊTISE. C’était mardi dernier. Nous avions des invités. Bébou avait été couchée, un peu plus tard que d’habitude, c’est vrai…

     On buvait joyeusement un verre en bas, quand on a entendu une petite voix en haut des escaliers. « Maman a fait une grosse bêtise moi. »

     Je peste. Rooooh. Je me dévoue et monte les escaliers quatre à quatre. « C’est quoi cette histoire?! Qu’est ce que tu fais debout? C’est l’heure de dor… ». C’est là que je l’aperçois. Les mains noires. Les pieds noirs. Le doudou tâché de noir. Je reste hébété un quart de seconde puis je remarque les petites traces de pas, noires elles aussi, en direction du bureau. « Mais qu’est ce que tu as fais?! ». Je la prends sans ménagement. Elle décolle et je la coince sous mon bras en prenant garde de ne pas me tâcher. J’ai peur. Je suis les traces de pas qui mènent au bureau de Chéri-chéri. J’essaye de me rassurer. Pourtant je sais bien ce que je vais y trouver…

    Une mare d’encre de chine est étalée au pied du bureau en bois. Dedans il y a un mouchoir qui semble avoir servit à éponger la flaque. Je comprends très vite que Doudou aussi a servi à tenter d’essuyer les dégâts, que c’est pour ça qu’il est tout noir. Je n’ose pas regarder sur le bureau la planche de BD que Chéri-chéri est en train de finaliser, mais il le faut bien. Sur le bel encrage à la plume de son papa Bébou a dessiné un gros grabouilli au pinceau… 3 jours de travail à la poubelle.

     Je suis bouleversée, partagée entre colère sourde, déception, pitié et tristesse. J’ai envie de la serrer dans mes bras. De lui dire que ce n’est pas grave. Que ça peut arriver. Qu’on l’aime quand même. Mais je sais qu’il faut sévir. Qu’elle doit comprendre ce qu’elle a fait et que ce n’est pas avec des câlins et de la douceur qu’elle apprendra à ne plus le refaire. C’est dur mais je cris. Je hurle même. Je lui met une fessée (une petite… pas la DASS…). La mets sous la douche pour tenter de laver ses mains et ses pieds tâchés. Je trempe le pyjama et doudou dans l’eau. C’est la cata. L’encre ne part pas et il y en a partout. Je re-crie. Elle pleure.

     Elle comprends bien qu’elle a été dépassée par les événements. Elle voulait juste « aider » son papa et les choses ont dérapées. Comment peut-elle comprendre? Elle est si petite. Tout se mélange dans ma tête mais je tiens mon rôle. Je fâche. Je crie. Je lui explique tant bien que mal la gravité de la situation. Je la remet au lit manu-militari. Sans tétine. Sans Doudou. Elle s’endort… et moi je reste là à me questionner sur mes choix… Ou plutôt sur mon manque de choix.

      Chéri-chéri, lui, et trop abasourdi. Il s’en veut de ne pas avoir suffisamment sécurisé son travail. De lui avoir trop permis de venir le voir travailler à son bureau, peut-être…

     Le lendemain c’est toujours douloureux pour nous, les parents. L’impression d’avoir failli. De ne pas avoir su faire. La peur de l’avoir marquée à vie mêlée à celle de la voir recommencer…

Putain c’est dur d’être parent!

Vas y petit internet. Rassure moi. Dis-moi que toi aussi tes petitous font de grosses bêtises. Et raconte-moi comment tu réagis… Ca m’aidera, je t’assure.

 

 

PS: petit édit à J+8 Bébou va bien, dort bien et ne semble pas troma… Ouf! Nous par contre…