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La grosse bêtise…

     L’autre jour Run run little mum nous demandait comment on essayait d’éduquer nos rejetons. J’ai barré « essayer » mais je n’aurais pas dû. Personnellement j’ai l’impression d’être tout le temps en train d’expérimenter, de tenter, de réussir… puis de me ramasser.

     Je n’arrive pas à ne pas me coller à une méthode toute faite. En vrai je les trouve trop extrêmes, trop jusque-boutistes, pas adaptées à toutes les situations et à tous les mioches. Alors je pioche un peu partout. Je picore des trucs chez les uns et les autres. Et au finale je peux dire que j’utilise la méthode « feeling » qui consiste, finalement, à faire comme on le sent… et surtout… à faire ce qu’on peut, comme on peut.

     Bien entendu j’essaye de ne pas me fâcher sur des choses inutiles, d’encourager plutôt que de critiquer, j’essaye d’expliquer plus que de crier… Mais parfois force est de constater que Bébou essaye de voir jusqu’où elle peut aller et que je suis bien obligée de la stopper. Net. Attention, hein, je ne suis pas maltraitante… Non, non n’appelez pas la DASS!

     Mais oui, des fois je crie, je la punie et l’envoie au coin, des fois elle prends une tape(ette) sur la main, et des fois elle n’a pas de dessert et part au lit direct’.

     Je ne sais pas si je suis trop sévère. Honnêtement je ne le pense pas… Je suis juste persuadée que parfois il faut marquer le coup. Pourquoi? Pour son bien, pour que plus tard elle arrive à respecter la loi, les lois, celles qui régissent notre vie en société. Il me semble indispensable qu’elle arrive à tolérer qu’on lui impose des limites, qu’elle soit capable de gérer les petites frustrations du quotidien.

     Peut être que je suis old school mais je vois tellement de gamins qui ont manqué de carde, au travail, que mon regard est peut être biaisé… Je ne sais pas. C’est difficile de savoir se positionner en tant que parent. Y a pas de mode d’emploi universel.

     Parfois je trouve qu’on se débrouille bien Chéri-chéri et moi, Bébou est plutôt bien dans ses baskets, obéissante mais pas asservie, éveillée, intelligente et joyeuse… Mais parfois je doute, je me questionne, j’imagine le pire…

     Surtout depuis lorsqu’elle a fait sa GROSSE BÊTISE. C’était mardi dernier. Nous avions des invités. Bébou avait été couchée, un peu plus tard que d’habitude, c’est vrai…

     On buvait joyeusement un verre en bas, quand on a entendu une petite voix en haut des escaliers. « Maman a fait une grosse bêtise moi. »

     Je peste. Rooooh. Je me dévoue et monte les escaliers quatre à quatre. « C’est quoi cette histoire?! Qu’est ce que tu fais debout? C’est l’heure de dor… ». C’est là que je l’aperçois. Les mains noires. Les pieds noirs. Le doudou tâché de noir. Je reste hébété un quart de seconde puis je remarque les petites traces de pas, noires elles aussi, en direction du bureau. « Mais qu’est ce que tu as fais?! ». Je la prends sans ménagement. Elle décolle et je la coince sous mon bras en prenant garde de ne pas me tâcher. J’ai peur. Je suis les traces de pas qui mènent au bureau de Chéri-chéri. J’essaye de me rassurer. Pourtant je sais bien ce que je vais y trouver…

    Une mare d’encre de chine est étalée au pied du bureau en bois. Dedans il y a un mouchoir qui semble avoir servit à éponger la flaque. Je comprends très vite que Doudou aussi a servi à tenter d’essuyer les dégâts, que c’est pour ça qu’il est tout noir. Je n’ose pas regarder sur le bureau la planche de BD que Chéri-chéri est en train de finaliser, mais il le faut bien. Sur le bel encrage à la plume de son papa Bébou a dessiné un gros grabouilli au pinceau… 3 jours de travail à la poubelle.

     Je suis bouleversée, partagée entre colère sourde, déception, pitié et tristesse. J’ai envie de la serrer dans mes bras. De lui dire que ce n’est pas grave. Que ça peut arriver. Qu’on l’aime quand même. Mais je sais qu’il faut sévir. Qu’elle doit comprendre ce qu’elle a fait et que ce n’est pas avec des câlins et de la douceur qu’elle apprendra à ne plus le refaire. C’est dur mais je cris. Je hurle même. Je lui met une fessée (une petite… pas la DASS…). La mets sous la douche pour tenter de laver ses mains et ses pieds tâchés. Je trempe le pyjama et doudou dans l’eau. C’est la cata. L’encre ne part pas et il y en a partout. Je re-crie. Elle pleure.

     Elle comprends bien qu’elle a été dépassée par les événements. Elle voulait juste « aider » son papa et les choses ont dérapées. Comment peut-elle comprendre? Elle est si petite. Tout se mélange dans ma tête mais je tiens mon rôle. Je fâche. Je crie. Je lui explique tant bien que mal la gravité de la situation. Je la remet au lit manu-militari. Sans tétine. Sans Doudou. Elle s’endort… et moi je reste là à me questionner sur mes choix… Ou plutôt sur mon manque de choix.

      Chéri-chéri, lui, et trop abasourdi. Il s’en veut de ne pas avoir suffisamment sécurisé son travail. De lui avoir trop permis de venir le voir travailler à son bureau, peut-être…

     Le lendemain c’est toujours douloureux pour nous, les parents. L’impression d’avoir failli. De ne pas avoir su faire. La peur de l’avoir marquée à vie mêlée à celle de la voir recommencer…

Putain c’est dur d’être parent!

Vas y petit internet. Rassure moi. Dis-moi que toi aussi tes petitous font de grosses bêtises. Et raconte-moi comment tu réagis… Ca m’aidera, je t’assure.

 

 

PS: petit édit à J+8 Bébou va bien, dort bien et ne semble pas troma… Ouf! Nous par contre…