C’est ça aussi la FIV # 4

Coucou l’internet!

Il y a peu j’ai été contactée par Aude une adorable suissesse qui a bien voulu partager avec nous son parcours PMA et ses réussites. Encore merci à elle pour son témoignage très émouvant.

Quel est ton parcours ? (Comment t’es tu rendue compte de ton (votre) infertilité ? Quelles en sont les raisons ? Quelles ont été tes « démarches PMAesques » ? etc.)

En fait pour moi ça a commencé très tôt, j’ai toujours su que ça serait compliqué pour moi mais comme j’étais jeune ça ne me touchait pas vraiment. A 17 ans je n’avais toujours pas de règles. Ma maman m’a emmenée chez le gynécologue pour voir ce qui « clochait ». Je suis ressortie de là avec comme solution: « on va lui donner un médicament pour lui déclencher des cycles et ensuite pilule. pour la suite on avisera en temps voulu. « Au revoir Mesdames et bonne route… »! Dès lors j’ai su que je n’étais pas comme mes copines…

…10 ans plus tard et l’homme de ma vie sous le bras, on décide de fonder une famille. J’arrête la pilule… mes règles ne viennent pas. je prends rendez-vous chez un nouveau gynécologue à qui je raconte mon parcours. Elle me prescrit des tests sanguins et une écho pour définir mon problème. Puis le verdict tombe : je suis atteinte du syndrome des ovaires polykystiques sévères. Pour faire fun et simple : SOPK. c’est chou non?!

Complète aménorrhée, heureusement pas de surpoids par rapport à d’autres femmes souffrant de la même chose que moi et des fabuleux boutons d’acné qui me rappellent encore aujourd’hui que je serai une éternelle ado (ben oui faut bien positiver dans cette histoire!).

On passe par 12 mois d’essai sans CPMA (Centre de Procréation Médicalement Assistée), avec comme seule aide un médicament pour diabétique qui est censé aider.

Je l’ai fait « pour faire plaisir à ma gynéco » si on veut car j’étais persuadée dès le départ que son truc à la noix ne marcherait pas pour moi, en plus ces 12 mois sans CPMA c’est la loi en Suisse. J’avais raison, trop forte la fille! Résultat des courses : on me dirige enfin vers un centre spécialisé.

Quelques semaines après, on a eu notre 1er rendez-vous en CPMA. je suis tombée sur une super spécialiste, ouf. On voyait bien que pour elle chaque cas était un défi! Mon mari a dû faire des tests de son côté pour voir si tout roulait ou pas. Ben oui ça sert pas à grand chose de me traiter si du côté de Monsieur c’est pas la fête non plus! Ouf pour nous : rien à signaler de son côté. Je vous raconte pas sa tête victorieuse en recevant les résultats! c’était limite si il avait gagné les jeux olympiques… hum hum!

Puis s’en suivent des mois et des mois de traitements et de piqûres, de recherche de bon dosage hormonal (ni trop ni trop peu), d’écho de contrôle, d’espoirs et de désespoirs, de copines qui tombent enceintes… et moi toujours rien! 2 hyperstimulations, 1 hospitalisation car « 20 follicules matures madame c’est trop vraiment trop » dixit ma spécialiste complètement stressée par mon état, 1 IAC négative, 1 drilling ovarien…. avec le recul j’ai l’impression d’avoir fait un combo de tout, un genre de panier garni quoi.

Puis vient le dernier cycle pris en charge par les assurances maladie (en suisse c’est 12 mois remboursés, ensuite c’est tout pour notre pomme). On discute déjà de FIV (en suisse la FIV n’est pas remboursée et coûte bonbon…), on prend même rendez-vous pour commencer le protocole. Dans ma tête j’y étais déjà. On faisait ce dernier cycle mais pour moi, c’était clair que ça ne marcherait pas, et j’étais focalisée sur la FIV.

J’ai refait une hyperstimulation. 6-7 follicules matures…. Malgré l’avis de ma spécialité on a tenté naturellement en étant complètement persuadés que ça ne marcherait pas.

2-3 semaines après j’ai des pertes de sang. Mes règles. Pas grave, de toute façon on commence la FIV bientôt. Allez on ne se laisse pas abattre. Rendez-vous chez ma spécialiste, on discute FIV. Je lui dis que j’ai mes règles et des douleurs d’hyperstimulation qui ne partent pas. Elle me demande de faire un test urinaire…. résultat: POSITIF… je vous raconte pas sa tête lorsqu’elle a pris son échographe pour voir si j’allais être la prochaine octomum!

Et non: 8 mois et des brouettes plus tard j’ai donné naissance à notre petite fille d’amour! C’était il y a 3 ans et demi!

Quelques années plus tard on a décidé de remettre le couvert, on voulait s’y prendre tôt pour que le parcours soit le plus court possible. Les traitements ont duré 3 mois….. et sans qu’on le voie vraiment arriver, notre 2 ème miracle est né il y a 15 mois maintenant!

Quelle a été ton ressenti au cours de ce parcours PMA ?

J’ai ressenti de la solitude. Je crois que, aujourd’hui, c’est ça qui définit le mieux mon ressenti de l’époque. Mon mari voyait toujours le verre à moitié plein et moi à moitié vide. Il essayait de me remonter le moral et moi je lui en voulais parfois. J’étais seule. J’avais l’impression de livrer une bataille, une guerre contre mon corps qui ne voulait pas faire de moi une mère.

Qu’est ce qui t’as le plus « gêné » ?

Je ne sais pas vraiment. J’ai toujours été quelqu’un de très pudique. Je détestais aller chez le gynéco, mais après 2 ans de rendez-vous hebdomadaires chez le gynécologue j’étais devenue super à l’aise! La gêne « physique » n’était rien par rapport à la gêne « psychologique ». En fait j’étais gênée d’être jalouse de mes amies, de leur en vouloir de tomber enceinte en claquant des doigts… Ca ne me ressemblait pas. J’ai découvert, à travers la PMA, la vraie jalousie. Celle qu’on ne gère pas et qui nous gêne au plus profond de nous-même.

Qu’est ce que tu aurais aimé avoir (ou savoir) durant ce parcours ?

J’aurais aimé savoir que beaucoup de couples rencontrent des problèmes, que beaucoup se taisent et n’osent pas en parler. J’aurais voulu que d’avantage de personnes soient bienveillantes et me disent que j’avais le droit de trouver ça injuste. Jusqu’au jour où une amie proche m’a dit une phrase qui m’a aidée à voir mon parcours autrement.

Elle m’a dit : « la nature n’est pas juste, la justice c’est une chose inventée par les humains pour les humains. Mais les animaux, les fleurs, etc. ne connaissent pas la justice. Ils connaissent la vie. Et la vie n’est pas juste. » Dès lors j’ai arrêté de chercher une justice, de chercher une raison à ce qui nous arrivait et j’ai utilisé l’énergie qui était en moi pour avancer et non pas pour chercher des réponses là où il n’y en avait pas. J

‘aurais aimé que l’on me dise ça avant. Et surtout j’aurais voulu qu’on me dise de ne pas culpabiliser.

En as-tu parlé autour de toi, pourquoi ?

Oui très vite on en a parlé. Je n’ai jamais ressenti de honte. Je culpabilisais, mais je n’avais pas honte. Ma famille m’a toujours beaucoup soutenue. Je voulais qu’ils sachent pourquoi parfois j’étais triste, pourquoi je n’arrivais plus à regarder les enfants de mes cousines sans pleurer. J’avais besoin de les avoir avec nous dans ce combat.

En en parlant un tri « naturel » s’est aussi fait parmi notre entourage. J’ai eu des soi-disant amies qui m’ont fait des remarques blessantes. Un jour une amie m’a dit: « tu sais un bébé il vient quand il le veut, c’est lui qui choisit les meilleurs parents qui lui faut ». Encore aujourd’hui, en l’écrivant, je sens ce coup de poignard dans mon cœur! Je ne l’ai plus revue. De l’ordre on a dit! Hop!

Aujourd’hui notre entourage sait que nos enfants sont des miracles, des vrais cadeaux!

Comment as-tu vécu ce parcours et quelles en ont été les « séquelles » (positives ou négatives) sur ton couple ?

Le parcours PMA a renforcé notre couple je pense. Il nous a soudé. On était vraiment les deux ensemble dans la bataille. mon mari me remontait toujours le moral. Il était ma béquille. On a appris à connaître d’autres côtés de nos caractères qui ne se seraient peut être pas révélés pareillement sans ce parcours difficile.

Par contre, je pense que sexuellement ce fut difficile (oui oui j’ai osé dire le mot sexe…). Mettre le réveil pour procréer j’ai connu plus romantique…. faut le dire non?!

Mais on a su passer à travers ces orages, pas sans perdre des plumes je pense quand même. Des séquelles il y en a. Je pense qu’il faut du temps pour digérer un parcours PMA, accepter que jamais on n’aura réussi à avoir un bébé « tout seul ». Mais au final, on a 2 enfants et on est heureux. Enfin je crois 😉

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu aux futures PMettes ?

Je ne suis pas forte en conseil. j’ai toujours peur de sortir une bêtise…

le seul truc que je dirais c’est de ne pas avoir honte et de ne pas culpabiliser. Ne pas hésiter à s’entourer uniquement de gens qui nous portent et de s’éloigner de ceux qui sont toxiques.

Ah et je me permettrai un conseil que j’aurais détesté entendre lorsque j’étais encore une PMettes mais qui aujourd’hui me semble primordial : ne sacrifie pas tout à tout prix. VIS!

Merci encore à Aude d’avoir bien voulu répondre à mes questions.

J’espère que j’aurais bientôt l’occasion de vous raconter d’autres histoires de PMA qui finissent bien…

…Alors, si toi aussi tu es passée par la case PMA et que tu en es ressortie victorieuse (d’une manière ou d’une autre. Parce qu’il n’est pas nécessaire de porter un enfant pour être parent, ne l’oublions pas!) écris-moi à :

moipaspoule@gmail.com

Bises à toutes les mères, les non-mères, les mères en devenir, les belles-mères, les « naturelles » et les « PMAtisées »… et bises aux pères aussi, tient! (si par hasard un mâle passait par là^^).

2 thoughts on “C’est ça aussi la FIV # 4

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