C’est ça aussi la FIV #3

Coucou l’internet!

Aujourd’hui j’ai l’immense joie de partager avec vous le parcours d’Anoushka du blog La cigogne et l’éprouvette qui vient de rejoindre la grande confrérie de celles qui ont vaincue la PMA par K.O. J’espère que son parcours (re)donnera de l’espoir à de nombreuses PMettes. Car il ne faut jamais oublier que la PMA est une faiseuse de miracles.

Quel a été ton parcours ?

Après un peu plus d’un an d’essais infructueux, j’ai décidé de consulter un nouveau gynécologue en 2013. Fraîchement débarquée en Ile de France, je n’en connaissais pas sur place, j’en ai donc profité pour chercher directement un médecin spécialisé en infertilité. J’avais déjà plus de 30 ans et il me semblait qu’il ne fallait pas attendre plus.

A la suite de ça nous avons réalisé plusieurs examens : hystérosalpingographie et hystéroscopie (tous les deux normaux), test de Hühner (mauvais résultats), bilan hormonaux (OPK like pour moi : c’est-à-dire taux un peu au-dessus de la norme mais ovulation normale) puis plusieurs spermogrammes qui ont révélés que mon mari avait des problèmes de concentration, d’atypie, de mobilité et de mortalité.

Nous avons attendu quelques mois avant de nous inscrire en PMA car nous étions alors en plein préparatifs de notre mariage.

En décembre 2014, nous avons fait notre première IAC (insémination artificielle) avec un très faible nombre de spermatozoïdes (bien loin du 1 million requis). Selon le biologiste c’était perdu d’avance. Il fallait oublier les IAC pour les FIV (fécondation in vitro).

Nous ne nous étions pas préparés à cette nouvelle et nous sommes partis, attristés, dans la foulée, en lune de miel, persuadés que cette insémination ne porterait pas ses fruits. Quand nous sommes rentrés j’ai tout de même fait une prise de sang qui s’est révélée positive. Mais le taux était assez bas et s’est ensuite mis à faire du yoyo, ce qui m’a valu plusieurs passages aux urgences. Verdict : grossesse non évolutive non localisée. J’ai donc dû faire une injection de méthotrexate pour éliminer le reste des cellules… Première douche froide.

A la suite de ça mon mari s’est fait opérer d’une varicocèle ce qui nous a permis de réaliser 3 nouvelles IAC en 2015, toutes négatives.

Nous avons donc dû passer aux FIV. Pour les deux premières tentatives les résultats suite aux ponctions furent médiocres : embryons de moyenne qualité, sans culture prolongée ni congélation possible. Nous avons eu deux fois deux embryons moyens, transférés à J3. Mon corps commençait à marquer le coup de tous ces traitements. J’ai eu deux kystes durant le protocole de la FIV 2 que j’ai dû me faire ponctionner sans anesthésie.

J’ai ensuite fait une grossesse biochimique en février 2016. Nous sommes alors partis nous ressourcer à Bali (question de survie) puis j’ai changé de protocole pour ma troisième FIV, en passant à un protocole antagoniste court. Cette fois-ci j’ai obtenu pour la première fois 4 blastocystes : 1 fut transféré de suite et les 3 autres furent congelés. J’ai fait une hyperstimulation modérée avec médicament et injection de lovenox pendant 3 semaines mais je suis tombée enceinte en juin 2016.

Lors de la première échographie à 7 SA passées le cœur ne battait plus. Nous devions partir en vacances le jour-même. J’ai donc attendu le retour à Paris pour faire un curetage, à presque 10SA. Les vacances en famille les plus tristes de ma vie…

Le retour de couche fut interminable. En octobre dernier, j’ai débuté un long protocole de transfert de deux embryons vitrifiés, sur cycle artificiel. Le transfert a eu lieu en novembre. Il s’est avéré positif. J’ai dû poursuivre le traitement, dont des injections de progestérone en intramusculaire tous les 3 soirs, jusqu’à l’échographie du premier trimestre. Aujourd’hui tout va bien et je suis actuellement enceinte d’un bébé miracle prévu pour début août!

Quelle a été ton ressenti au cours de ce parcours PMA ?

Le plus dur est sans nul doute l’espoir d’être près du but et la tristesse sans nom après chaque échec. A cela s’ajoute l’injustice lorsque l’on apprend des grossesses arrivées rapidement dans l’entourage. Et l’incompréhension suite à certaines remarques de proches.

C’est difficile d’avoir l’impression de n’être parfois qu’un simple numéro de dossier à l’hôpital…

Mais je dois dire que la FIV m’a également permis de faire de très belles rencontres (via internet, notamment).

Qu’est ce qui t’as le plus « gêné » ?

Sans doute le fait de passer entre les mains de dizaines de médecins en 2 ans et demi de PMA. Il ne faut pas être pudique!…

Et également l’impression que les médecins ne veulent pas creuser plus que cela les analyses, après les échecs récurrents. On a alors l’impression de reproduire le même schéma.

Qu’est-ce que tu aurais aimé avoir (ou savoir) durant ce parcours ?

J’aurai aimé avoir plus de soutien et d’encouragements. Je me suis sentie démunie plusieurs fois, jusqu’à ce que je rencontre des personnes dans le même cas que nous sur Instagram et sur les blogs traitant de l’infertilité.

Je pense qu’il est important de discuter avec des couples traversant les mêmes épreuves car notre entourage peut s’avérer maladroit involontairement.

En as-tu parlé autour de toi, pourquoi ?

J’en ai parlé à plusieurs personnes de mon entourage car contrairement à mon mari, j’en ressentais le besoin. J’ai regretté certains choix de confidents. Certaines personnes m’ont ensuite exclues petit à petit, en pensant que j’étais jalouse de leur grossesse ou avaient pitié et ne me voyaient pas comme une battante mais plutôt comme une envieuse, ce qui est tout l’inverse de ce que je suis… Cela a mis un terme à certaines amitiés car j’ai ouvert les yeux.

Comment as-tu vécu ce parcours et quelles en ont été les « séquelles » (positives ou négatives) sur ton couple ?

Les premiers échecs furent les plus difficiles à vivre pour nous deux, puis je crois que l’on s’y habitue, que l’on devient plus forts. J’avais de moins en moins de mal à les surmonter, mais cela correspondait aussi à la période où j’ai ouvert mon blog et mon compte Instagram pour la PMA.

J’y ai reçu beaucoup de soutien et je prends aujourd’hui beaucoup de plaisir à pouvoir aider les personnes traversant les mêmes épreuves en leur apportant ce qui m’a manqué au début des essais.

Mon mari, lui, ne ressentait pas le besoin d’en parler. Nous avons vécu des périodes très difficiles d’incompréhension, mais nous nous sommes toujours relevé. Quand l’un flanchait l’autre était là pour partager sa force et vice versa.

Quels conseils donnerais-tu aux futures PMettes ?

De rester optimiste en se disant « pourquoi pas moi ? Pourquoi n’y arriverais-je pas, moi aussi ? ».

Tout est une question de temps et il faut rester patients et soudés. Il y aura forcément des moments difficiles mais il faut s’accrocher car cela va payer.

Je pense qu’il est important d’échanger avec des personnes vivant les mêmes difficultés.

Nous ne sommes pas seuls!

Cela fait du bien aussi d’extérioriser en écrivant ce que l’on ressent. Mon blog « La cigogne et l’éprouvette » m’a énormément aidé pour cela. J’y ai rencontré une communauté formidable. J’ai également beaucoup apprécié mes séances d’acupuncture et de sophrologie.

Il ne faut pas hésiter à tester de nouvelles choses, à faire du sport pour se défouler. Lors de l’attente du verdict, il faut prendre soin de soi et se chouchouter en faisant des activités qui nous plaisent. Nous sommes déjà suffisamment malmenées dans ce parcours. N’oubliez pas la citation de Socrate :

« La chute n’est pas un échec. L’échec c’est de rester là où on est tombé ».

FIV "Je ne suis pas une poule"

Merci encore à Anoushka d’avoir bien voulu répondre à mes questions.

J’espère que j’aurais bientôt l’occasion de vous raconter d’autres histoires de PMA qui finissent bien…

…Alors, si toi aussi tu es passée par la case PMA et que tu en es ressortie victorieuse (d’une manière ou d’une autre. Parce qu’il n’est pas nécessaire de porter un enfant pour être parent, ne l’oublions pas!) écris-moi à :

moipaspoule@gmail.com

Bises à toutes les mères, les non-mères, les mères en devenir, les belles-mères, les « naturelles » et les « PMAtisées »… et bises aux pères aussi, tient! (si par hasard un mâle passait par là^^).

3 thoughts on “C’est ça aussi la FIV #3

  1. Superbe témoignage, très émouvant et décrivant un beau parcours de battante. Car il en faut du courage et de l’énergie pour traverser tout ça !!!
    Merci pour ce partage.

  2. C’est un témoignage qui donne de l’espoir pour celles et ceux qui passent par là. C’est vrai que parfois l’absence de réponse de la part du corps médical est dure à vivre, surtout quand aucun examen complémentaire n’est programmé. C’est dur d’entendre que c’est la faute du hasard quand les échecs s’accumulent, mais heureusement que les parcours comme le tien montrent qu’il faut continuer d’espérer <3

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