Mon accouchement #3 suite et fin

  1. De retour aujourd’hui pour le dernier volet de l’accouchement de ma Bébou (les volets 1 & 2 ici et ).

épisode 4 : celle qui ne voulait pas nous faciliter la tâche

Il était donc aux alentours de 11h lorsque la sage-femme nous dirigea vers la salle de travail. Je nous revois encore, moi agrippant la perche à perfusion de toutes mes forces et m’arrêtant régulièrement pour souffler comme un boeuf (souffler c’est mieux que crier il paraît) et chéri-chéri les bras ballants et le visage inquiet (était-ce la peur de l’accouchement ou celle de se perdre à nouveau, je ne saurais dire).

En arrivant dans une salle aux allures de boucherie (le carrelage blanc partout ça a tendance à me faire cet effet). On m’installe sur la table d’accouchement. Je demande si je vais déjà devoir pousser. On me dit que non. Que je ne suis dilatée qu’à 5 cm et qu’il faut attendre d’être à 10.

On me dit que, si je suis là, c’est que le coeur de bébé a tendance à ralentir un peu trop sous la pression des contractions qui, cette fois-ci, sont méga fortes et douloureuses (mais où est l’anesthésiste? Avec un kéké de touriste parisien on te dit, rooo!). On me dit que ma fille bouge trop, qu’on arrive pas à la monitorer comme il faut et qu’on va aller chercher un appareil spécial.

Une nouvelle sage femme entre dans la pièce et me propose du gaz hilarant pour me détendre en attendant la péri. J’accepte avec plaisir. Désormais ce sera le travail de chéri-chéri. Il sera responsable-masque-à-gaz. En gros, son job consiste à me maintenir le masque sur le visage tandis que j’aspire de toutes mes forces le délicieux gaz qu’il contient, et à l’enlever dès que j’ai fini, afin que je ne manque pas d’air. Il est utile et ça lui fait plaisir.

Moi je commence à réaliser que le gaz hilarant ce n’est pas drôle du tout, que ça n’apaise pas la douleur, mais que ça te met dans un état de bien être absolu entre deux contractions. Le pied! J’ai l’impression de faire de la balançoire.

Bref. Je suis carrément shootée. Et heureusement car cela m’empêche de voir la salle de travail se remplir doucement. Il y a là maintenant deux sage-femmes, deux auxiliaires de puériculture, une aide soignante et la gynéco de garde.

En temps normal j’aurais très probablement paniqué lorsque la gynéco nous a expliquée qu’elle allait enfoncer une petite aiguille directement dans le crâne mou de notre bébé encore à l’intérieur de mon ventre. Mais non. Sur le coup ça ne m’a pas parut chelou. J’étais bien, je faisais de la balançoire. Confiante la meuf.

épisode 5 : celle qui ne comprenait rien à la vie

Nous avons donc passé un certain temps comme ça. Chéri-chéri tenant le masque à gaz (avec interdiction formelle de parler), moi tirant sur dessus comme si ma vie en dépendait, et Bébou accrochée par le sommet du crâne à une machine.

Pendant ce temps là, ça s’affairait autour de nous. J’ai pas bien compris pourquoi… Mais, hum… Voyez-vous j’ai pas compris grand chose à partir de ce moment là. Les éléments relatés ci-dessous sont donc, qu’on se le dise, le reflet d’une réalité totalement déformée.

Apparemment le coeur du bébé avait tendance à jouer aux montagnes russes, il allait falloir débloquer la situation rapido ou alors on passait direct en mode césarienne.

C’est à ce moment là que l’anesthésiste a débarqué. « Elle est à combien?« … euh… Un petit bonjour, comment ça va? non? Bon. « Il était temps, elle est à 7 » répond l’adorable sage-femme pourvoyeuse de gaz. Tiens, aurais-je rêvée où vient-elle de me faire un discret clin d’oeil. Je sais pas, je fais de la balançoire.

On me fait m’asseoir, courber le dos, on attend la fin d’une grosse contraction, puis d’une autre (bah quoi, c’est pas de ma faute on a doublé les doses de cytotec!). Enfin je reçois le saint Graal. C’est magique je ne sens plus la douleur juste la pression de bébé sur mes reins et les contraction à intervalles reguliers.

Il est 13h30 Chéri-chéri en profite pour aller manger (et boire une bière, si-si, j’ai bien senti…). Quand il revient on m’annonce l’ultimatum. Il faut y aller parce que bébé supporte mal les contractions. Je suis dilatée à 9. On va m’aider à aller un peu plus vite (me demande pas comment, j’ai pas compris).

Ca y est c’est l’heure. Tout le monde s’active autour de moi. On me dit qu’il faut pousser. Que j’ai le droit à 3 chances et qu’il faut tout donner ou on m’emmène en urgence pour une césarienne. Je comprends pas bien le problème mais je m’exécute.

Je pousse une première fois. Rien. Je me fais engueuler à l’unissons par les deux sages femmes et la gynéco. C’est pas comme ça qu’on fait. Faut pousser comme un caca. Euh… Ok… mais vous êtes sûres? Ouiii.

épisode 6 : celle qui avait décidé de ne pas se laisser faire comme ça

Je me lance. Je donne tout ce que j’ai. Cette fois-ci la tête descend. C’est bien. Sauf que le cordon est autour du cou. Je sens la gynéco trifouiller à l’intérieur de mon ventre. C’est bon? Non. elle a aussi le cordon en écharpe.

La gynéco réussi à démêler ma fille. On peut y aller? Parce que là j’ai vraiment envie de pousser… Non la coquine, a décidé de se la jouer rebelle et présente la face en premier. Verdict : ça passera jamais.

La gynéco m’annonce une énième tentative. Soit elle arrive à lui choper l’oreille et à lui replacer la tête comme il faut, soit on arrête tout et on passe au bloc. Je comprends rien à se qui se passe. Je fais ce qu’on me dit. Une des sages femme est montée sur le lit et appuie sur mon ventre de toutes ses forces. Je ne suis pas vraiment inquiète. Je suis trop concentrée à me retenir de pousser.

Enfin c’est le go. Maintenant! Poussez!

J’ai poussé de toutes mes forces. La tête est passée. On me propose de venir l’attraper. Hors de question! Moi je pousse c’est tout. Encore une contraction et voilà qu’on me tend un paquet mou et gluant.

C’est donc ça ma fille, ce truc gris et violet avec une tête d’alien ? Et pourquoi elle ne pleure pas? Elle est morte?

Pas le temps de poser des questions que déjà quelqu’un part en courant avec elle.

Il est 15h06. Le temps est suspendu.

L’homme et moi on se regarde, désemparés. Soudain un cri strident retenti. Elle est vivante! Je pleure de joie. Elle est moche, mais c’est pas grave. Je l’aimerai quand même de toutes mes forces, je le sais. C’est ma warrior, ma championne.

On demande à Chéri-chéri de rejoindre notre fille afin de l’habiller. Pendant ce temps là on va me recoudre.

« Ah bon? Pourquoi? »

« Vous avez eu une épisiotomie, madame. »

« Ah d’accord, et il faut que je pousse? »

Hilarité générale. Ca doit-être la pression qui redescend ou alors ma question est vraiment con, ou les deux. Pour ma défense je suis bouleversée, bourrée d’hormones et de gaz MEOPA.

Chéri-chéri revient avec notre fille dans ses bras. Il avance précautionneusement comme si il tenait le plus précieux des trésors. Il la pose sur moi. Je la sens qui cherche mon sein, le saisi de ses toutes petites mains. Je l’aide un peu et je sens sur moi le plus doux de tous les regards. On est une famille bordel. On a réussi. Adieu l’infertilité et l’incertitude de la PMA. Désormais nous sommes trois.

Jamais, dans mes rêves les plus fous, je n’aurais pu imaginer de moment aussi grandiose. Il paraît que c’est la magie de la vie. Je trouvais ça terriblement cul-cul, mais aujourd’hui je sais que c’est ce qu’il y a de plus beau.

Mon accouchement par "je ne suis pas une Poule"

Une fois repris des couleurs humaines et une forme de crâne normale (je n’ai su que bien plus tard qu’elle avait eu le droit à la ventouse), ma fille était, pour moi, le plus beau de tous les bébés.

 

20 thoughts on “Mon accouchement #3 suite et fin

  1. Quel récit! J’en ai eu les larmes aux yeux. Au début je voulais râler pour les 3 actes mais ça valait le coup d’attendre!!!
    Je te souhaite un accouchement plus facile pour petite floconne!

    1. Je sais c’est dur d’attendre, mais en l’écrivant je me suis rendu compte que c’était vraiment trop long pour tout mettre en un seul épisode… En tous cas je suis contente que ça t’ai plu!

    1. Heureusement sur cette photo elle a déjà 2 ou 3 jours, elle avait repris une couleur et une taille de crâne décente… Mais c’est vrai qu’on reconnaît bien son petit nez et ses yeux en amandes. Trop de love!

    1. Et je suis même pas traumatisée! Mais je sais que je demanderais un petit coup de gaz à peine les portes de la maternité franchies!

  2. Pour moi aussi les larmes sont montées en te lisant. Le pleure, cette délivrance…
    Bravo pour ce récit qui a surement faire remonté tout un panel d’émotions chez toi.
    Je profiterai peut être moi aussi de quelques tours en balançoire dans 3 mois 🙂
    Je te souhaite plein de bonheur avec ta poupette qui est vraiment belle comme un coeur!

    1. C’est vrai que ça a fait resurgir tout un tas d’émotions en moi. C’était chouette de revivre un peu ça et de tout noter avant d’oublier petit à petit.

  3. Bon ben bravo tu as réussi à me faire rire et pleurer en même temps ! (Et flipper aussi ne sachant pas encore ce qu’est un accouchement). J’ai pris des notes et dans mon projet de naissance je vais spécifier que je veux faire de la balançoire (enfin prendre du gaz hilarant).

  4. haaaa j’avais pas eu le temps de commenterrrrrrr !!! pfiiiouuuu quel aventure cet accouchement !! je te souhaite que le prochain soit un chouilla plus serein ! et que papa non poule ne se perde pas dans les couloirs… bisous ma caille !

  5. Quel récit <3 J'ai eu du stress pour toi à la lecture du "vous avez le droit à 3 chances", genre la pression ^^ Je t'avoue que pour mon petit chat, le "bon, on essaye une dernière fois" de la gynéco, qui ne m'était pas particulièrement adressé d'ailleurs, m'a inconsciemment aidé à me dire que là fallait pas que je déconne et pas que je me loupe sur cette poussée là !

  6. A 7 jours de mon terme, ton récit a le mérite de m’avoir fait rire 🙂 Merci de nous raconter cet évènement si précieux de votre vie avec autant d’humour… car tout s’est bien terminé finalement !
    Pour mon grand, j’ai failli être déclenchée mais heureusement il est arrivé tout seul à j+2. J’aimerais encore éviter le déclenchement pour cette fois, alors je croise très fort les doigts pour que Monsieur se décide à venir tout seul.
    En tout cas tu t’es super bien débrouillée, tu as bien géré la pression, la douleur et le stress qui va avec ! Et je ne suis pas sûre que ce soit juste l’effet du gaz hilarant !

    1. Ohh! Comme c’est gentil. Je ne sais pas pas si j’ai géré, en tous cas je suis bien contente de t’avoir fait rire (sait-on jamais si ça déclenchait le travail ce serait bien !) je te souhaite un bel accouchement et beaucoup de courage pour les premiers mois sans sommeil. À bientôt par ici ou sur ton blog (que j’aime beaucoup d’ailleurs ! )

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