Mon accouchement #1

C’était il y a près de trois ans. Mon ventre était énorme et mes nuits entrecoupées par les coups et les hoquets. Oui… Bébou avait une tendance non négligeable à choper le hoquet à 3h du matin. Sûrement pour me préparer physiquement et psychologiquement à la galère que furent ses premiers mois.

Tous les soirs, avant de me coucher je l’exhortais à bien vouloir sortir de mon corps. Il faut dire qu’on m’avait prédit un accouchement prématuré, mon col étant déjà dilaté à 2cm à 7 mois de grossesse. Mais c’était sans compter sur la ténacité de ce petit être, qui devait trouver qu’il faisait bien trop froid pour pointer le bout de son nez, et avait décidé, semble–t-il, d’attendre la venue du printemps pour daigner sortir de son cocon.

Autant te dire que je n’en pouvais plus d’impatience. Ma valise était prête depuis belle lurette et avait commencée à prendre la poussière dans l’entrée.

épisode 1 : Celle qui n’était pas pressée

A une semaine du terme , je n’avais même plus peur de l’accouchement et j’étais prête à subir mille douleurs pour peu qu’elle sorte. J’ai tout essayé. Je le jure.

  • J’ai fait les carreaux : rien.
  • J’ai tenté la méthode à l’italienne : nada.
  • Me déhancher toute une après-midi sur du Sean Paul et du Beyoncé : absolument aucun effet.
  • Une rando en raquette : pas même une contraction.
  • L’acupuncture : une omelette au cul d’un âne (expression Cantalou que seul Chéri-chéri semble utiliser).
  • Les décollements du col : aucun effet (à part la douleur, of course, mais je t’ai dit que j’étais prête à tout).
  • Les bains de sauge, les tisanes de sauge, les huiles « spécial accouchement » : que dalle!

Le jour du terme soit le 13 février 2014. J’ai pris ma valise et mon mec sous le bras et je me suis rendue d’un pas décidé à la maternité. C’était l’heure. Et quand c’est l’heure : c’est l’heure!

…Ou pas. La sage femme que nous avons vu ne semblait aucunement impressionnée par ma détermination et nous a gentiment (mais fermement) éconduit. Je suis donc rentrée chez moi; la queue entre les jambes, ma fille dans le ventre, ma valise et mon homme sous le bras; avec l’ordre de ne pas revenir avant deux jours, sauf accouchement imminent, bien sûr.

Deux jours plus tard je reprenais, mon ventre, ma valise et mon mec, direction l’hôpital. Certaine que, cette fois, on allait faire quelque-chose pour me délester de mon fardeau cadeau. Ah ah ah… Quelle naïveté! « Elle fait ses ongles » il parait. Punaise, si j’avais reçu 1€ à chaque fois que j’ai entendu cette phrase je serais riche aujourd’hui.

« Mais je m’en fou de ses ongleuh! Faite-la sortir, putain! »

J’étais dilatée à 3cm, fourbue, perclus de courbatures, obligée de me mouvoir tel un crabe désorienté… J’ai bien tenté une larmichette, histoire d’apitoyer cette brave sage-femme sur mon sort. Et bien, apparemment elle n’avait pas de coeur (ou alors on lui avait déjà fait le coup, toujours est-il que mes pleurs ne l’ont pas attendris).

« Rendez-vous dans deux jours pour voir comment ça évolue »

Autant te dire que j’ai passé ces deux jours à fouiller dans les méandres d’internet afin de trouver une technique infaillible pour accoucher rapidement. Devine quoi : y en a pas.

Deux jours plus tard je reprenais donc de nouveau, mon ventre, ma valise et mon mec, direction l’hôpital. « Tout va bien madame? Pas de contractions? » m’a mielleusement demandé une stagiaire tandis que la sage-femme en chef la regardait d’un œil bienveillant.

« Bah non tout ne vas pas bien, bordel, j’ai PAS de contraction! Je veux des contractions! Donnez-moi des contractions! Je veux accoucher! Rhhhhaaa! »

A ce moment là je crois qu’elles ont compris que j’étais à deux doigts de d’essayer des solutions radicales. Elles m’ont donc donné rendez-vous pour le lendemain 8h afin de déclencher l’accouchement. Il était temps.

En rentrant, la valise est restée dans la voiture (mais pas mon mec, hein, c’était l’hiver et j’ai un coeur quand même). Cette nuit là j’ai bien dormi. Peut-être Bébou avait-elle compris qu’il valait mieux que l’on garde des forces toutes les deux.

Et le 18 février à 8h pétantes je me présentais à l’accueil de la maternité.

« Oui? C’est pour quoi? »

« Je viens pour un concours de pétanque, connasse. » Non j’rigole! j’ai jamais dit ça! Je suis une fille polie (et j’avais bien trop peur qu’on me renvoie encore chez moi!)

« C’est pour un déclenchement. Je suis à 5 jours de dépassement de terme et j’accouche aujourd’hui! »

Allez… Rendez-vous mardi prochain pour la suite de mes aventures primipares. Tu vas voir ça va être sympa, il va y avoir du gaz, du suspense et de l’émotion.

accouchement "je ne suis pas une poule"

Regardez-moi cette adorable crevette de deux jours… Fondance.

27 thoughts on “Mon accouchement #1

    1. Tu trouves aussi…^^. Oui, bon… C’est vrai que l’accouchement trop tôt c’est pas l’idéal non plus… Ahh ces gamins… Même pas foutus d’être ponctuels!

  1. Je compatis, à 37SA, je devient intenable … heureusement que les garçons se sont pointé respectivement à 39SA et 40SA (oui, oui, tout pile, mes garçons aiment les chiffres ronds).
    Hâte de savoir a suite ^^

  2. C’est pas sympa ce suspens!!!
    Après au vu de ton premier accouchement « au bout de out » je comprends encore mieux ton IG de tout a l’heure!! Moi je mise pour un accouchement 1 mois avant comme Petit Habitant 😀

  3. J’ai vécu la même chose, ça pourrait être le récit des prémices de mon accouchement. J’ai trouvé l’attente très dure, on n’est pas préparée à dépasser le terme on se dit plutôt que bébé arrivera au plus tard à la date prévue d’accouchement. Et puis tu as la pression de l’entourage qui appelle pour savoir « et bah alors toujours pas… » Et le fait d’avoir rendez-vous gâche un peu l’effet de surprise de la rencontre même si on est bien contente car tellement hâte et puis le positif c’est que ça a un côté pratique pour l’organisation. Contrairement à toi, le jour du déclenchement mon col était toujours bien fermé et postérieur. J’ai finalement accouché le lendemain, 6 jours après ma dpa.

    1. C’est clair qu’on est pas préparé… Surtout que, du fait de mon col ouvert, on m’avait prédit un accouchement avant terme….

  4. Je crois pas que je connaissais l’expression « elle fait ses ongles », ça m’a fait rire. Chez moi elle n’a pas fait ses ongles. Enfin, si moi j’ai trouvé le temps long sur la fin, mais je pensais vraiment faire du rab (comme ma mère) alors que j’ai accouché avec une petite semaine d’avance (la bonne surprise !). Et tout ton article m’a fait rire, en fait. Désolée, je me doute que ce n’était pas facile sur le coup 😉

    Je trouve ça joli en tout cas; cette petite saga à l’approche de l’anniversaire de Bébou… 🙂

  5. Tu nous laisses comme ça ?!?
    Tu m’as bien fait rire tout au long de l’article ! « Elle fait ses ongles » je ne connaissais pas l’expression…
    La dernière photo : trop mignonne….

    1. Je te jure que tout le monde me le répétait et que ça me rendait dingo! Promis la suite arrive mardi matin (et encore le mardi matin d’après) c’est looong de relater un accouchement mais c’est chouette (je me suis même auto-émue en l’écrivant… Mais ça c’est sûrement les hormones!!^^)

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