Fiv et PMA par Je ne suis pas une poule

C’est ça aussi la FIV #2

Aujourd’hui j’ai l’immense plaisir de partager avec toi (sous forme d’interview) la belle histoire de Laura. Parce que la PMA et les FIV, des fois, ce sont de magnifiques réussites.

Laura, quel est ton parcours ? (Comment t’es-tu rendue compte de votre infertilité ?

« J’ai perdu mes parents très tôt et aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours souhaité recréer une famille. Je ne saurais pas expliquer pourquoi mais j’ai très vite eu le pressentiment qu’il y avait un problème, et j’ai fait part de mes craintes à ma gynéco, qui a été très réactive et m’a rapidement orientée vers le centre de PMA Clara à Aix-en-Provence, où nous vivons.

En février 2013, le verdict est tombé, infertilité masculine et peu d’espoir de concevoir naturellement.

La douche froide! Faire le deuil d’un enfant « naturel » mine de rien c’est quelque chose. Mais, rapidement, j’ai presque été soulagée que le problème ait été si vite identifié. À partir de ce moment là, notre détermination n’a jamais failli: on s’est fait une promesse, on tenterait tout jusqu’à arriver au but!

Nous avons été orientés tout de suite sur un protocole FIV et ce n’est que plus tard que je me suis rendu compte (en côtoyant des tas de couple qui enchaînaient les inséminations sans succès) de la chance que cela a été. »

Quelle a été ton ressenti au cours de ce parcours PMA ?

« Comme toi, j’ai eu deux parcours PMA, pour ma première et ma seconde grossesse et le ressenti a été très différent.

Même si le deuxième parcours a été plus long, le premier était nettement plus traumatisant. La petite voix en moi qui ne pouvait s’empêcher de répéter « et si ça ne marchait jamais, et si tu n’étais jamais maman » faisait naître une peur panique qui reste aujourd’hui encore un souvenir douloureux.

Pour la seconde, je me suis efforcée de rester positive, entre chaque tentative on prévoyait une « compensation » en cas d’échec: une grosse soirée, un voyage au Sri Lanka etc.

Sur cette seconde FIV, c’est la routine qui était éprouvante, l’enchaînement, pendant des mois « cachets-piqûres-transfert-attente-déception » et on recommence. Malgré tout à peine la déception passée, je me remotivais et je repartais au combat.

On m’a parfois conseillé de faire un break entre deux tentatives mais j’aurais continué comme cela pendant des années s’il avait fallu; je sais à quel point le jeu en vaut la chandelle et, si besoin, le sourire de ma fille Romane était la pour me le rappeler chaque jour! »

Qu’est ce qui t’as le plus « gêné » ?

« Pour la premiere fiv, la longueur des démarches, sans hésiter. Je n’oublierai jamais ce jour de mai 2012 après des mois de paperasses administrative et médicale, quand nous pensions que la ponction serait le mois suivant et que le médecin nous a dit qu’on pouvait programmer l’opération en septembre!! On a fondu en larmes, tous les deux…

Et aussi le risque que tout capote à chaque étape et qu’il faille reprendre à zéro. Pour la seconde, tout le monde s’attendait à ce que cela marche du premier coup, comme la première fois, alors qu’il nous a fallu 7 tentatives!

Je crois que gérer la déception des autres a vraiment été une partie difficile de ce parcours, et notamment celle de ma soeur, de mon mari, et de ma fille qui, du haut de ses 3 ans, comprenait tout sans qu’on ne lui dise rien. »

Qu’est ce que tu aurais aimé avoir durant ce parcours ?

« Parfois un peu plus d’empathie de la part des médecins mais avec le recul, je ne suis pas sure que cela aide que l’on s’apitoie sur notre sort. »

En as-tu parlé autour de toi ou as-tu préféré garder le secret?

« Je n’ai rien tu, au contraire, je pense que la terre entière est au courant!! Ma PMA elle fait tellement partie de mon parcours de vie que je n’imagine pas comment j’aurais pu le cacher.

En parler, pour moi, c’était vital, c’est quelque chose que je n’aurai jamais pu garder pour moi et j’admire celles qui y arrivent. »

Comment as-tu vécu ce parcours et quelles en ont été les « séquelles » (positives ou négatives) sur ton couple ?

« Ce parcours, c’est à la fois la plus grande épreuve de notre vie et notre plus belle victoire de couple..nos plus belles victoires même , puisque en juillet 2017, on aura à nouveau la récompense de nos efforts!

Sur le moment, la vie sexuelle en prend un sacré coup mais aujourd’hui je n’en garde que le positif, même si je n’oublierai jamais les doutes et les souffrances.

Notre couple en est indubitablement sorti plus solide et plus uni. C’est l’histoire de notre famille, la PMA fera pour toujours partie de nous. »

Quel conseil donnerais-tu aux futures PMettes ?

« C’est tout sauf original mais je leur conseillerais de ne jamais baisser les bras quoi qu’il arrive. Et de garder toujours à l’esprit que l’attente est en proportion du bonheur qu’elle prépare. Bien sûr, c’est une épreuve difficile et il est normal de douter, de se décourager, mais il faut ne faut jamais abandonner. Tout le monde a le droit au bonheur. »

Merci encore à Laura d’avoir bien voulu répondre à mes questions.

J’espère que j’aurais bientôt l’occasion de vous raconter d’autres histoires de PMA qui finissent bien…

…Alors, si toi aussi tu es passée par la case PMA et que tu en es ressortie victorieuse (d’une manière ou d’une autre. Parce qu’il n’est pas nécessaire de porter un enfant pour être parent, ne l’oublions pas!) écris-moi à :

moipaspoule@gmail.com

Bises à toutes les mères, les non-mères, les mères en devenir, les belles-mères, les « naturelles » et les « PMAtisées »… et bises aux pères aussi, tient! (si par hasard un mâle passait par là^^).

 Fiv et PMA par Je ne suis pas une poule

13 thoughts on “C’est ça aussi la FIV #2

  1. Article qui bien évidemment me parle beaucoup. Seul point sur lequel je ne suis pas d’accord c’est qu’avoir se l’empathie ne signifie pas « s’apitoyer sur notre sort » mais juste essayer de nous voir autrement que comme des numéros de patients. Un minimum de chaleur fait toujours du bien lorsqu’on traverse un parcours difficile 😉

    1. Je pense que ce que Laura a voulu dire c’est, qu’outre un minimum de bienveillance (c’est à dire juste nous regarder autrement qu’un bout de viande, (des fois ce serait déjà pas mal^^)), elle n’aurait peut être pas aimé se sentir « maternée » ou trop infantilisée… Enfin j’imagine… Il faudrait lui demander!^^
      Tiens d’ailleurs… Je compte bien t’interviewer d’ici quelques temps si tout continue à aller dans le bon chemin!^^ (#lafillequiperdpaslenord )

      1. oui bien sûr l’empathie est toujours réconfortante mais ce que j’ai voulu dire c’est que parfois, cela m’a aussi fait du bien d’avoir des médecins un peu plus « rudes » qui me faisaient comprendre qu’il y avait des parcours PMA encore beaucoup plus durs et beaucoup plus compliqués que le notre. Car il faut bien avouer qu’au debut on a tendance à avoir un sentiment de grande injustice et l’impression de « pourquoi ca m’arrive à moi » en oubliant que pour certains couples ce n’est pas le combat de quelques années mais de toute une vie, et parfois malheureusement sans meme avoir la réussite tant attendue au bout

  2. Moi quand je lis ce témoignage j’en ai les larmes aux yeux parce que c’est à la fois une épreuve très difficile et une grande injustice et à la fois un miracle qui rend la naissance d’autant plus exceptionnelle . Dans le jargon des sages femmes , on parle de grossesse précieuse et c’est exactement ça Romane c’est un trésor comme le sont tous les nouveaux arrivants d’une famille mais c’est un trésor d’autant plus précieux que la route pour mener à elle était semée d’embûches . ce témoignage il me remplit de larmes parce que ce petit trésor à naître c’est mon neveu ou ma nièce et il a une longueur d’avance sur tous les autres parce que je l’ai aimé alors même qu’il était encore congelé et pas encore implanté

    1. Ca tombe bien j’ai deux nouvelles copinettes qui attendent un heureux événement grâce à la PMA et elles sont d’accord pour témoigner : Yeah!

  3. ça fait du bien de lire ce genre de témoignage… surtout quand en FIV #2, tu as enfin eu ton « plus » mais qu’en quelques jours tout s’écroule à la vue du débarquement d’une mare de sang, et que tu attends, et espère … de savoir que malgré tout, la grossesse tient toujours …
    PMA : parcours moralement angoissant

    1. C’est vrai que la PMA c’est un peu les montagnes russes émotionnelles mais il faut tenir bon et continuer d’y croire malgré les échecs car la réussite est au bout du chemin. Courage à toi.

    2. L’acronyme est bien trouvé. Je suis vraiment desolee, car l’épreuve de la fausse couche en plus de celle de la PMA cest rude. Moi meme a 16 semaines de grossesse je ne peux m’empêcher d’angoisser. Je souhaite de tout mon coeur que pour vous, PMA rime désormais avec Promesse du Meilleur A venir

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