Petit précis d’éducation

Quand on est parent il y a des jours avec et des jours sans (j’en avais déjà parlé ici). C’est comme ça l’éducation, c’est fluctuant. Mais là, ce week-end, il faut que je te dise :

Ma Bébou a été au top, magistrale, merveilleuse, impeccable. D’une sagesse à faire pâlir d’envie les autres parents. Et là tu te dis : « Mais comment fait-elle pour avoir une fille aussi adorable? »

Hum… Bon… avant de commencer je tiens à préciser que ma fille est loin d’être comme ça tout le temps, hein, soyons clair…^^ Mais, franchement enchaîner trois jours d’affilée en mode petit ange méritait bien que je me transforme pédo-psycho-thérapeute-de-l’éducation-qui-déchire-son-comptoir!

Me voilà donc, pour l’occasion, transformée en « Dolto-des-gallinacées » et je m’en vais de ce pas te filer mes « trucs » sans failles pour une éducation réussie (garantie au moins trois jours d’affilée dans l’année)

1. Etre raccord

… même en cas de désaccord. Voilà le secret. Chéri-chéri et moi on ne se contredit jamais. C’est le premier qui parle qui a raison. C’est une règle de base : « papa et maman seront toujours d’accord. Sauf pour la boîte de nuit, demande à Maman! ».

Il ne faut pas croire qu’on est toujours d’accord… Non, non… Parfois je dis OUI alors qu’il aurait dit NON, parfois c’est lui qui dit OUI alors que j’aurais dit NON et parfois on ne réagit, tout simplement pas comme l’autre l’aurait fait. C’est pas grave. On se range de l’avis du premier. Puis on en rediscute plus tard, à têtes reposées loin de ses petites oreilles indiscrètes.

L’éducation est un champs de bataille, il faut faire front, dirait mon grand-père. Et comme dans toutes les guerres il faut savoir :

2. Tenir Bon

Si on a dit Non, c’est NON. Ca a l’air facile comme ça… Mais ça l’ai pas. Surtout si il y a une adorable petite fontaine de pleures (ou une furie hors de contrôle) en face de nous. Des fois, on a envie de craquer, de dire : » alleeer, juste pour cette fois, d’accord?! » Bah non.

C’est presque inhumain mais c’est comme ça.

Ce qui m’amène à mon troisième point :

3. Passer le relais

Quand c’est trop dur… Faut savoir refiler le bébé. On est deux, c’est fait pour ça. Sinon il reste sûrement, une grand-mère attentionnée, une tata qui n’attend que ça, un voisin, un chenil?

Il faut s’avoir dé-lé-guer… Et là non plus c’est pas toujours facile. Mais c’est important de savoir se préserver pour ne pas rentrer dans une spirale de laquelle il est dur de sortir.

4. Expliquer

Expliquer, expliquer. On explique jamais trop!

Même les ratés on les explique. On est humain après tout. « Bah, oui, J’ai crié un peu fort, mais, vois-tu Poussin, je suis fatiguée, je rentre du travail, et je dois te dire pour la vingt millième fois de ne pas sauter sur le canapé parce que c’est dangereux et que tu risques de tomber, tu comprends? » Bien sûr expliquer suffit rarement, d’autant que les z’enfants ne pigent pas toujours bien le concept de « danger »…  Il faut donc :

5. Avertir avant de sévir

Nul n’est sensé ignorer la loi, qu’on dit.

Alors on édicte les lois, exemple : « ne saute pas sur le canapé » puis on décide des sentences (à faire exécuter par un bourreau, s’il vous plaît) exemple : « Je te préviens Bébou, la prochaine fois que je te vois sauter sur le canapé, tu vas au coin. ».

J’en viens donc au point suivant (mais quel enchaînement!^^):

6. Choses promises, choses dues

Si on décide d’une punition il faut qu’elle soit réaliste et réalisable. Oui, oui… Parce qu’après il va falloir (roulement de tambour) la réaliser!

Et ici le bourreau c’est toi! Donc on évite les « tu n’iras pas au cinéma » alors qu’on a  déjà acheté les places et que les copines nous attendent là-bas… Parce que, dans ce cas, on est bien dans la m…rde pour appliquer nos punitions…

7. Mieux vaut prévenir que guérir

Avec Bébou, je me suis rendue compte qu’une bonne partie des colères pouvaient être évitées en désamorçant les crises à l’avance. Genre « On va faire les courses, mais on n’achète pas n’importe quoi, je te préviens. Pas de colère, hein? D’accord? ». Bien sûr ça ne résout pas tout. C’est pas magique!

D’autant qu’il arrive souvent que ces chacals-du-supermarché mettent exprès, sur ta route, un sac-à dos-la-reine-des-neiges-à-paillettes, tentation ô combien irrésistible pour une enfant de moins de 5 ans. Et ce qui doit arriver… arrive!

8. Comprendre

Alors il faut tenter de comprendre : « oui chérie, je comprends que tu veuilles absolument cet affreux adorable sac. Moi aussi je le trouve incroyablement laid beau! » Parfois ça suffit. Sinon il te reste la célèbre technique d’enfumage du « si tu veux tu peux le garder pendant les courses et on le repose après » qui marche quand même drôlement bien (et pour ça je ne remercierai jamais assez le grand internet et ses conseils éclairés, merci, merci merciii!).

9. Se regarder dans les yeux

Si par malheur toute ses techniques ne parvenaient pas à éviter une colère. Parfois quand ça veut pas ça veut pas… Il reste le : « Stop! regarde moi dans les yeux. J’ai dit non, c’est non (cf. deuxième point) je ne céderai pas. Mais si tu veux je peux te laisser choisir les gâteaux pour le goûter… Non? Ah… d’accord. Repose ce sac et on y va. »

Youhou! Bombe désamorcée les gars! Well done!

J’en viens donc à mon dixième point :

10. Faire participer

Dans la vie on a parfois, souvent, besoin de faire autre choses que de jouer avec son enfant ou de lui lire des livres. Bah ouai, y a une maison à faire tourner, des lessives à étendre, des machines à vider etc… Trop de glam!^^.

Le truc qui marche avec Bébou c’est de la faire participer, au moins un petit peu, à sa hauteur. Genre décrocher les chaussettes et les mettre par paire. Elle sait faire et elle adore! En plus ça la valorise vachement de se sentir utile.

11. Complimenter

Et c’est là qu’il ne faut pas lésiner sur les compliments. « Oh, Poussin! Qu’est-ce que-tu m’aides biiien! Merci! ».

Le principe est de la valoriser sur ce qu’elle fait bien. Pour que le positif ai plus d’impacte que le négatif.

Chéri-chéri et moi on fait très attention à la complimenter. C’est hyper motivant! On prend 5 minutes pour lui glisser quelques mots doux dans le creux de l’oreille  « Bébou tu sais, ce week-end, tu as été très sage. On est très fiers de toi. On t’aime fort fort! ». Ses yeux se remplissent de fierté…. Et je fond!

12. Se dire qu’on s’aime

Ca semble évident mais on ne le dit jamais assez! <3

13. Se faire confiance, faire de son mieux et ne pas culpabiliser.

On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a au moment donné. Mais ça j’en ai déjà parlé ici

Et toi? Quels sont tes petits trucs d’éducation? Allez… Dis-moi tout!

petit précis d'éducation.

22 thoughts on “Petit précis d’éducation

  1. Les mêmes, exactement et ça a permis une, deux, trois fois des enfants, ados et maintenant presque adultes épanouis, hyper détendus et agréables. Pas de crise, pas de cris et cercles vicieux oblige, pas de cris, pas de crises.
    J’ajouterais donc: ne jamais crier, toujours demander qqch qd l’enfant est à côté et les aimer, les apprécier, les observer, s’interesser, écouter. admirer, aller bien et ne jamais culpabiliser…

    1. Ce sont aussi les techniques qu’ont plus ou moins utilisées mes parents et mes sœurs et moi sont devenus des personnes plutôt équilibrées du coup j’avoue que je suis pas allée chercher bien loin…

  2. J’aurais pu écrire la même chose (enfin, en moins drôle, j’admets). Ce sont exactement les règles de la maison. Après, comme tu dis, ce n’est pas magique et il y a parfois (souvent) des ratés, surtout en cette fin d’année où les loulous sont fatigués.
    Je rajouterais un nº14 : les faire dormir ! Ça peut paraître bête mais un enfant reposé est toujours moins pénible. Ce qui fait qu’on les couche tôt (et ça surprend parfois nos copains) parce qu’en semaine, c’est debout à 7h (et que comme ils ont pris le rythme ils se lèvent tôt le week-end).
    En tous cas merci de me conforter dans nos principes !

    1. Oh mais Ouiii! Comment ai-je pu oublier ce point essentiel ! Ici aussi on la couche tôt 19h30 tout le monde au lit, histoire lue, lumière éteinte ! En plus ça laisse respirer les parents… Mais bon, j’ai bien conscience que je peux faire ça parce qu’on va la chercher à la crèche à 17h. Si on rentrait du boulot à 19h30 tout serait différent.

  3. Je me retrouve bien dans toutes tes règles et je suis heureuse de lire que vous êtes dans une bonne phase avec Bebou ! Comme maman poule Je rajouterai seulement « vérifier qu’il ou elle a assez dormi ET assez mangé ». C’est peut être parce que le mien est encore petit mais ces petits désagréments physiologiques peuvent encore à eux seuls aussi déclencher de petites crises…

    1. Hihi! Avec Bébou pas besoin de m’occuper de l’aspect alimentaire. Crois moi quand elle a faim elle le dit! C’est une gourmande cette petite !

  4. Je dirais juste que t’as tout compris !! Et d’ailleurs ça marche. Exécuter la punition qu’on a promis ça fait mal au cœur mais c’est hyper important. Et mettre l’accent sur le positif aussi. T’es prête pour le numéro 2 !!!! ❤️

  5. Je suis globalement raccord sur les règles et je notes la technique de détournement « tu peux faire les courses avec sur le dos et ensuite on le repose » 😉
    J’ai juste parfois du mal à ne pas demander au Breton de me justifier certains « choix éducatif » qui me semble totalement arbitraire et donc sujet à une crise pour rien, alors que ce même Breton a du mal à gérer les crises dans une logique de bienveillance … ‘-_-

    1. C’est vrai que des fois ce n’est pas facile d’arriver à ne pas dire tout de suite quelque-chose lorsque l’on voit que l’autre s’emporte. Peut être que tu peux proposer gentiment au Breton de prendre le relais quand tu sens qu’il va craquer… (quand Chéri-chéri le fait avec moi ça marche, dans l’autre sens un peu moins, j’avoue^^)

  6. Tout pareil ici aussi. Je rajouterai pour les plus petits : leur expliquer leurs émotions. « Tu es en colère et tu as le droit d’être en colère mais… » J’avoue, pas toujours facile quand ils vous crient dans les oreilles. Ah et aussi leur expliquer que s’ils n’y arrivent pas c’est normal, c’est parce que c’est difficile : Plutôt que dire « mais si c’est facile, essaye encore », dire « je comprends que tu n’y arrives pas, c’est difficile. Mais essaye encore, je suis sûre que tu peux le faire » Bref, penser POSITIF !!!

    1. Oui bien sûr qu’il faut essayer de tourner les choses du côté positif. Je crois que tous les parents essayent de le faire. Ca ne veut pas dire que quand on y arrive pas (du moins pas tous les jours) on est dans une « éducation malveillante », non?

    1. Merci! Mais je crois qu’on essaye tous d’être bienveillant avec nos enfants, même quand on ne s’inscrit pas dans « l’éducation bienveillante » à proprement parler. Pour ton fils je suis sûr que tu vas y arriver car tu es adorable, aimante et intelligente… Donc y a pas de raison! (Même si soit dit entre nous tu l’as bien cherché en le surnommant « Chucky »!^^)

  7. Alors j’ai trois catégories dans tes conseils : « d’accord », « d’accord mais je ne le fais pas assez souvent » et « pas complètement d’accord même si un peu quand même ». Je pense que j’ai une vision de l’éducation plus souple… Je pense que c’est à force d’avoir entendu (d’à peu près tous les parents de la génération précédente que je connais) : « On a été hyper sévères avec les aînés et on a lâché du lest avec les suivants. », en bonne aînée, j’ai décidé de rétablir l’équilibre d’emblée. De rien Choupie :p

    Et je dois dire que je ne la trouve pas spécialement dure à vivre en ce moment (elle l’a énormément été avec nous bébé, mais on ne peut pas vraiment parler d’éducation avec un nourrisson, alors je me sens pas spécialement fautive), et qu’elle ne l’a presque jamais été « en société », donc je me dis que ça doit aussi nous convenir comme mode de fonctionnement 😉 Je valide à 100% ton dernier conseil 😀

    1. J’adore la catégorie « pas complètement d’accord même si un peu quand même »… Et ca m’intéresse bien d’en savoir plus à son sujet…^^. En tous cas mes « trucs et astuces » sont loin d’être dogmatiques et on sait bien que, dans la réalité, on fait comme on peut au moment T, hein!

  8. Excellent ! super résumé de ce que je ne savais pas que je faisais ! Tout me semble évident, et permet une belle relation au quotidien. Je suis juste mal à l’aise avec l’idée de bataille… mon conjoint dit parfois «j’ai gagné !», mais à mes yeux, il n’y a pas de combat !
    Sinon, merci pour la clarté et l’humour de ton propos !

    1. C’est vrai qu’il n’est pas question de gagner l’un contre l’autre. L’idée c’est d’y arriver ensemble. Bon… C’est plus facile à dire qu’à faire, bien sûr, mais ça doit se travailler, non?

  9. Hello, je découvre ton blog, et j’ai déjà mis cette page en favori pour la retrouver le moment venu ! Je ne sais pas encore si nous aurons le même rapport à la punition (en même temps on a de la marge vu que le bébé n’est même pas en route !), mais l’ensemble de ta logique me paraît une excellente base pour démarrer les discussions sur l’éducation avec mon mari.
    Merci !

    1. Tu as raison de vouloir en discuter avant avec ton compagnon. Un bébé ça chamboule pas mal alors mieux vaut s’être mis d’accord avant…

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