Quand la science met son grain de sel

Aujourd’hui est un grand jour! j’ai  rendez-vous à l’hôpital. Je ne vais pas me faire refaire les seins, non. Je vais me faire faire un bébé, enfin… pas tout à fait, pas tout de suite, en faite c’est compliqué mais bon…

Reprenons!

Aujourd’hui j’ai décidé de parler d’un sujet délicat : la PMA (Procréation Médicalement Assistée). Bah oui parfois  la nature est mal faite alors on a besoin d’un petit coup de pouce pour  faire un enfant, parfois même on a carrément besoin d’être assisté. Comme moi. TADAAM!

Aujourd’hui j’ai décidé de te raconter la vie de mon utérus.

Alors voilà:

Tout à commencé  il y a 4 ans lorsqu’on m’a décelé un kyste chelou aux ovaires lors d’un examen de routine.  S’en suis alors une série d’examens sympathiques comportant échographies (mais pas celles mignonnes où ça se passe « sur » ton ventre… celles qui sont passées par là comprendront), IRM (avec injection massive de gel dans ton cul… « mais détendez-vous madame! » « Je vous assure que je fais ce que je peux…. »), palpations, doigtés etc.  Le verdict tombe  sous la forme d’une lettre reçue un matin. Je l’ouvre. Je fond en larme. « Endométriose de stade IV, diagnostique d’infertilité sévère » qu’ils disent.

Dire que j’ai la boule au ventre, à ce moment là, serait un doux euphémisme. Ce que j’ai, en fait, c’est une peur indescriptible, irrationnelle, poignante, paralysante.

D’autant que comme toutes femmes équilibrées mais mal inspirées, mon premier réflexe est d’aller faire un tour sur « doctissimo & cie » voir ce qui se dit sur cette drôle de maladie. « Misère!! Je vais mourir!! » – Note à moi-même ne plus se renseigner sur internet, c’est  jamais rassurant.

D’aussi loin que je me souvienne j’ai toujours voulu être mère. J’ai ça en moi. Ce désire, cette appel physique de la maternité.  Alors quand on m’annonce que je suis stérile (oui je sais on dit pas « stérile » on dit « infertile », mais sur le moment c’est « bonnet blanc et blanc bonnet ») mon monde s’écroule.

Il va d’abord falloir que je me fasse opérer  parcequ’en gros mes ovaires ressemblent à des choux-fleurs.  Chouette!  Et, après, si je veux des enfants il faudra que je passe par la case FIV. Ni une ni deux je file sur l’internet pour me renseigner…. Oui je sais on avait dit « Doctissimo, c’est fini, et dire que c’était… » c’était une connerie!  Bah oui, ceux pour qui tout marche comme sur des roulettes ne vont pas s’épencher sur internet. Du coup on a vite l’impression que la PMA c’est la mort. Mais genre la vraie mort! du couple, de ton vagin, de ta féminité, de ta santé physique et mentale… bref… Autant te dire, l’internet, que j’ai beaucoup chialé  devant mon PC.

Je ne sais pas pourquoi (enfin si je sais, mais on ne va pas s’étendre ici sur mon insécurité personnelle, enfin pas tout de suite…) mais s’est installée sinueusement dans mon petit cerveau l’idée saugrenue que Chéri-chéri pouvait me quitter pour ça. Quelle idiote!

– « Et toi tu me quitterais si j’étais stérile » qu’il m’a dit.

– « Bah… non, comment tu peux penser ça?! » j’ai répondu.

– « Toi tu le penses bien pour moi… »

– « euuhhh »

– « Alors le débat est clos! Si on arrive pas à avoir d’enfant, on adoptera et on sera parents quand même, tous les deux. Parce que je t’aime toi, et que ta capacité à engendrer ou non un mioche ne fait pas parti de l’équation! ».

Ouai il est comme ça mon mec! Et c’est pour ça que je l’aime! la (très) grande majorité du temps.

Bon, du  coup ça allait mieux. Alors allons-y gaîment! Go FIV!

Alors la FIV c’est quoi?  C’est quand on te prélève tes ovules directement dans tes  ovaires à l’aide d’une trèèès longue seringue (à la suite d’un traitement à base d’un cocktail d’hormones injectées dans ton gras de fesses) et qu’on les mets (tes ovules) en contact avec le sperme de ton chéri (récupéré à la suite d’une pougnette dans un tube). Le tout se passe dans une petite boîte en laboratoire et, quand et si le tout a bien fonctionné, on te remet les petites cellules prometteuses ainsi créées directement dans ton utérus.

C’est vrai que c’est pas des moments sympa et qu’on aurait préféré niquer comme tout le monde pour pouvoir se reproduire, mais bon… C’était pas possible du coup on a décidé de prendre tout ça « joyeusement » avec le plus de recule possible. Le soir de l’implantation, encouragés par  l’équipe de laboratoire, nous sommes même allés fêter ça, en amoureux, dans notre petit resto préféré, autour d’un verre de champagne. Parce que comme on dit : »  aucune grande histoire n’a commencé autour d’un verre d’eau ». Et 9 mois et 5 jours de sobriété plus tard, Bébou entrait dans nos vies.

Bon je vous laisse j’ai rendez-vous!

A bientôt pour de nouvelles aventures…

 

2 thoughts on “Quand la science met son grain de sel

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